3 min readLa mort prématurée des arbres


Ecologie / samedi, août 11th, 2018

Ces dernières années de nombreuses études scientifiques alertent sur la dangerosité du réchauffement climatique, la disparition des forêts en étant l’une des principales causes. Au regard de la situation en vallée de l’Arve il apparaît que la dégradation des forêts est également un symptôme du réchauffement climatique.

Depuis que l’épisode de canicule a pris fin, vous avez peut-être remarqué que certaines parties des forêts sont en train de jaunir et/ou de rougir.

Cela attire l’œil puisque nous sommes en été et ces couleurs n’apparaissent sur les arbres normalement qu’à l’automne.

Ce dépérissement prématuré des arbres est le résultat de plusieurs facteurs, tous issus de l’activité humaine savec principalement l’épisode caniculaire des derniers jours.

Sécheresse, chaleur, pollution de l’air.

Cela fait maintenant trois ans que nous avons des épisodes caniculaires et des sécheresses intenses, avec chaque année des records de chaleur. Cette année 2018, nous avons connu des températures approchant les 40 degrés, et l’année 2017 fut également une année record de chaleur.

Mais la chaleur (sécheresse) et la canicule ne sont pas les seuls éléments destructeurs des arbres.

On peut y ajouter la pollution de l’air, liées le plus souvent à des activités industrielles, sources d’émanations toxiques pour les végétaux. L’épisode de pollution à l’ozone de la semaine dernière est venu se rajouter à l’ensemble de ce processus mortifère.

Or, des espèces forestières sont particulièrement sensibles à l’ozone et abondent sur le territoire national : c’est le cas du pin, sapin, mélèze d’Europe, érable, frêne, charme, noisetier, hêtre, chêne sessile, sureau, robinier…

Les forêts de la vallée de l’Arve sont, justement, peuplées par des chênes et des hêtres.

Les arbres peuvent résister à la chaleur par l’entraide mutuellement, mais cela peut être plus difficile dans les zones rocheuses où les racines sont beaucoup moins profondes.

A ces endroits, les arbres sont plus vulnérables à cause de leur plus grande difficulté d’absorption de l’eau.

Disparition des arbres et réchauffement climatique, le cercle vicieux

Les forêts sont indispensables à l’épuration de l’air et à la survie des organismes vivants grâce à l’oxygène. Les arbres fixent le dioxyde de carbone (CO2) des activités humaines grâce à la photosynthèse (leur manière de s’alimenter) et rejetent l’oxygène purifié.

Ce processus participe, dans l’atmosphère. d’une dynamique chimique permettant les conditions naturelles de la vie.

La mort anticipée de pans entiers d’arbres est donc à la fois une cause et un symptôme du réchauffement climatique. Or lorsqu’un phénomène est à la fois une cause et un symptôme, on peut clairement dire qu’il y a un dynamique qui s’auto-alimente.

Le dernier appel scientifique quant au risque d’emballement climatique transformant la planète en une sorte d’étuve à l’horizon de quelques décennies. Dans cet article, il est affirmé que « quand un seuil critique est atteint, le processus de réactions s’auto-entretient ».

La simple observation des arbres à côté de chez soi rend compte de cet enchainement de phénomènes. La biosphère comme ensemble de conditions géochimiques ayant développée les formes de vie sur des milliards d’années se voit détruite dans une spirale infernale.

Refuser l’idéologie darwiniste !

Dans ce contexte, il y a le renforcement d’une sorte de « loi des plus forts » puisque ce sont les arbres les plus vulnérables qui sont les plus menacés. C’est un phénomène général puisque cela est similaire dans l’espèce humaine où les personnes les plus fragiles (personnes âgées, nourrissons, personnes malades) sont les plus exposées à la canicule.

Lynn Margulis (1938-2011)

Il ne faut pourtant pas croire les visions darwinistes qui affirment que c’est là une loi « naturelle » : tout au contraire, la biologiste Lynn Margulis a montré justement que la Nature s’est complexifiée grâce à l’association d’espèces puis à leur fusion. La vie se développe par l’assimilation entre différents espèces.

La compétition et la « lutte pour la survie » sont des phénomènes secondaires mais qui ont pris une importance démesurée à cause de l’idéologie produite par le système capitaliste chaotique où tout est marchandisé.

La Gauche a une grande responsabilité puisque c’est une question de défense de la vie qui est en jeu. L’être humain doit être en mesure d’orienter ses moyens scientifiques et techniques vers la protection de la biosphère et doit pour cela remettre en cause sa vision anthropocentrée du monde.

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