Acte 17 des Gilets jaunes : on a touché le fond.


Politique / Sunday, March 10th, 2019

Ce samedi 9 mars 2019 était organisé à Passy l’acte 17 du « mouvement » des Gilets jaunes. Cet acte était hautement symbolique puisqu’il se voulait de portée régionale, initié par trois pages Facebook du « mouvement ».

Pourtant ce ne sont que 120 personnes qui se sont mobilisées pour cet acte 17, révélant un tassement de la mobilisation vers son dénouement final. Et dans la tourmente, c’est toujours le fond d’un mouvement qui apparaît nettement.

Ainsi, il a été tenté un énième blocage du viaduc des egratz amenant vers Chamonix et le Tunnel du Mont-Blanc. Avec la faiblesse de la mobilisation, ce blocage n´a pas pu tenir bien longtemps et les gendarmes ont vite délogé les manifestants. La manifestation s’est ensuite déroulée dans les rues autour de la gare du Fayet-Saint-Gervais.

Mais pourquoi, chercher encore à bloquer le Viaduc des Egratz alors que cela a été une tactique depuis le 17 novembre ? Pendant des semaines, plusieurs centaines de personnes ont bloqué ce viaduc  sans jamais aboutir à quelque chose de concret. En dehors de discussions informelles, aucun comité populaire n’a émergé. Pourtant, dans une vallée minée par la pollution de l’air, une telle mobilisation prolongée sur un lieu stratégique  aurait du logiquement aboutir à la formulation d’une perspective conséquente.

Alors, à quoi cela sert de continuer ce cinéma qui, pendant des mois, n’a débouché sur rien ?

Mais cette volonté stérile de blocage n’est que le pendant d’un mouvement sans cohérence et charrié par des idées irrationnelles, à la limite parfois de l’antisémitisme.

En effet, on a pu voir les gens défiler derrière des slogans comme « Finance = cancer du monde », « la Finance nous vole notre oxygène » ou encore « la République En Marche = pédo-satanistes, criminels, assassins. TV-Medias complices ».

Malheureusement en dehors de toute tradition politique et de tout  ancrage historique, les gilets jaunes n’ont même pas conscience que défiler derrière une banderole arborant « Finance = cancer du monde » relève d’une mobilisation de type nationale-socialiste.

Comme si les difficultés sociales et économiques et la morosité quotidienne étaient le fruit d’une étrange et abstraite « finance ». Le capitalisme, ce n’est pas la « finance » mais l’exploitation salariée, la propriété privée des choses, le libéralisme comme vecteur moral d’attitudes individuelles…

Avec une telle vision du monde, on a touché clairement le fond d’un « mouvement » animé par un entre-soi de personnes renfermées dans une paranoïa délirante.

Comment peut-on dire que nous sommes en dictature si ce n’est en ayant une vision nationaliste comme quoi « La France » serait « colonisée » et « emprisonnée » par une force extérieure ? Les Gilets jaunes peuvent répéter 17 actes, s’organiser à ciel ouvert sur Facebook, et voilà que nous serions en dictature car il y aura des gaz lacrymogènes et des tirs de flash-ball !

Parler de « violences policières » peut-être… mais de dictature c’est une pure hallucination collective au sens où tout rapport de force génère naturellement un cycle d’action et de répression. Il faut vraiment être en dehors du mouvement ouvrier et être dans une peur panique pour déclarer de telles choses !

On est à mille lieux d’une critique réelle du capitalisme, de celle qui cible la bourgeoisie comme classe sociale à déposséder, avec une réflexion sur les manières de dépasser la propriété privée.

Affiche électorale nazie en 1932 : “Brise l’ennemi mondial” avec à l’intérieur du parlement détruit “la haute finance internationale”.

Alors que nous disions cela depuis le début du mouvement, nous avons touché ce samedi 9 mars la partie la plus déréglée et farfelue du « mouvement ».

Qu’il va être dur pour les forces soit-disant « de gauche » et actives dans ce « mouvement » de se relever d’une telle erreur politique !

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