Dominique Martin dans Le Messager : la stratégie du nivellement par le bas.


Politique / Tuesday, April 9th, 2019

Dans son édition du jeudi 4 avril, Le Messager offre une pleine page à l’eurodéputé Rassemblement National originaire de Cluses, Dominique Martin. Il joue ici sa carte d’entrée dans la liste européenne du R.N… à moins que le bureau politique lui conseille de se réserver pour les élections municipales de Cluses.

Fidèle à ses traditions, Monsieur Martin joue dans le « rentre-dedans » pour se donner une image de cavalier héroïque en lutte contre le système.

« Machine technocratique », « escroquerie démocratique », « changer le système de l’intérieur », « renégociation de la constitution européenne, de tous les traités », voilà les envolés démagogiques au service d’une élection dont l’extrême droite européenne espère obtenir un groupe parlementaire de plus de 100 députés.

Elle travaille d’ailleurs pour une grande alliance politique entre les nationalistes d’Italie, d’Autriche, d’Espagne, de Hongrie, de Pologne, d’Allemagne. Pour sceller cette alliance, un grand meeting est même prévu à Milan le 18 mai.

C’est que monsieur Martin est passé maître dans l’art du brouillage idéologique, récusant ici le fait d’être qualifié d’être « populiste » alors qu’il peut par ailleurs pleinement assumer.

Mais finalement il se moque de cette presse locale puisque, comme il l’affirmait de manière triomphante dans son interview au Faucigny en janvier, « on a le vent dans les voiles ».

En effet, l’extrême droite a un boulevard car le contexte actuel, c’est l’atrophie d’une société civile qui refuse toute démarche politique et toute élaboration intellectuelle.

Il faut aller au plus simple, au « coup d’éclats », au « buzz »  : c’est là le sens des Gilets jaunes, des actions ANV-Cop 21, des « happenings » lors des grèves pour le climat, des débats politiques avec Cyril Hanouna.

La forme, rien que la forme avec un constant nivellement par le bas qui ne peut que servir la démagogie nationaliste.

En effet, pour masquer le fait qu’elle n’est qu’un « room service » pour bourgeois agressifs, l’extrême droite maintient le niveau culturel et politique des gens au plus bas car toute démarche d’élévation idéologique la démasquerait (démarche qui ne peut être assumée que par la Gauche ouvrière).

Il y a donc tout un style militant, toute une approche bien illustrée par Dominique Martin. Sans cesse agacé, avec un ton quelque peu méprisant, l’eurodéputé répond de manière lapidaire aux questions du journaliste.

Chapeau vissé sur la tête, fumant cigarettes sur cigarettes, Dominique Martin appuie la démarche « bon popular » avec la valorisation de la culture mafieuse derrière sa consommation d’alcool :

Si l’on souhaite changer la vie en profondeur, comment peut-on faire confiance à de telles personnalités ? Comment peut-on se laisser emporter par l’idée de « changer le système de l’intérieur » avec des personnages n’ayant aucune rupture personnelle avec les traits les plus négatifs de cette société ?

La Gauche ne doit pas se laisser emporter par cette tempête populiste-démagogique et doit tout au contraire être ferme sur ses valeurs, son héritage, sur le fait d’assumer le clivage « gauche/droite ». Sans cela, elle ne fera que servir indirectement l’avancée de l’extrême droite.


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