Megève : on entend beaucoup les hommes, très peu les femmes.


Politique, Vie quotidienne / Friday, April 12th, 2019

La presse locale relatait la semaine dernière des résultats d’une enquête du CHSCT après des plaintes pour harcèlement moral et sexuel dans la société des remontées mécaniques de Megève.

Le Dauphiné ne traite pas à proprement parler de l’affaire de harcèlement mais de la défense des 3 hommes mis en cause, soutenus par ailleurs par la CGT.

Il n’y a en réalité que très peu d’éléments donnés, c’est plutôt un article qui donne la parole aux hommes.

Le fait que ce soit des femmes qui aient porté plainte est invisibilisé, il faut accéder à la version payante pour bien comprendre que l’on a affaire à une histoire de harcèlement qui semble finalement très commune dans le milieu du travail.

Campagne anti-harcèlement de la CGT, ici prenant la défense des accusés.

On n’a aucune expression des femmes, on ne sait rien d’elles. On n’entend que les hommes qui remuent ciel et terre, convoquent la presse pour pouvoir continuer à “marcher la tête haute”.

Il y a tout de même l’information que la commission du CHSCT a déclaré la plainte comme justifiée. Ceci est assez rare puisqu’il faut tout de même réunir des éléments tangibles, chose difficile quand les outrages relèvent de la parole et des comportements.

C’est l’occasion de revenir sur l’atmosphère de harcèlement que les femmes affrontent très couramment au travail.

Ces situations ont lieu notamment dans tout milieu professionnel masculin. On pense à l’ambiance dans la restauration, dans les boulots autour des loisirs. Le tourisme c’est la détente, il faudrait alors cultiver un certain esprit pour mettre à l’aise les clients et conserver une « bonne ambiance » dans l’équipe.

Jean-Marie Bigard : typique de l’humour pesant, souvent sexiste, à la française.

On met alors en avant l’esprit rigolard français, point d’auto-dérision à l’anglaise, mais plutôt de la grivoiserie et un comique sexuel de répétition très malaisant qui revient souvent à essayer de mettre à jour l’intimité des femmes et de faire tourner la moindre chose autour d’une sexualité crasse.

Quand cela dure des années, c’est une épreuve psychologique puisque les femmes n’aiment pas que l’on essaye de mettre à nu leur intimité en permanence. Puisqu’à la longue, c’est de cela qu’il s’agit.

Il faudrait rigoler, prendre tout cela avec humour et en filigrane, pourquoi pas céder à des visions misogynes et conditionnées par la pornographie et des mœurs décadentes.

Quand des femmes refusent de baisser la tête ou de rire. Quand elles montent au créneau, cela crispe l’atmosphère et beaucoup de gens ne comprennent pas ce qui se passe, pourquoi on les désigne comme des « méchants ».

Une défense s’érige alors autour des accusés, la paroles des femmes est mise de coté, voir contredite, mise en doute. Les femmes qui accusent sont vite réduite à des menteuses, voir des folles.

Ces histoires ne sont jamais racontées, car cela fini souvent dans la honte et l’isolement pour les victimes, avec les traumatismes psychologiques que cela peut engendrer.

Ce n’est peut-être pas de cela dont il s’agit dans l’affaire de Megève, mais les personnes qui ont à cœur le féminisme doivent s’assurer au quotidien qu’aucune femme n’est mise à l’épreuve, isolée et calomniée.

Quand c’est le cas, une seule solution, la solidarité féminine, féministe, apporter son soutien, déjouer les mensonges et la solidarité masculine.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *