Avec les défenseurs des bouquetins : Le sens de l’engagement


Ecologie / lundi, juin 18th, 2018

Depuis 2013, des personnes s’opposent sans relâche aux tentatives d’éradication des bouquetins du Bargy. À une époque où l’engagement concret est marginal, lorsque des individus s’organisent pour tenter de changer les choses dans le sens du respect de la vie, il faut en parler.

La lutte sur le terrain, c’est dépasser un positionnement abstrait pour le confronter à des situations concrètes.

Des stickers militant contre l’abattage, vu à Thyez.

Les défenseurs des bouquetins ont analysé les conditions de l’abattage. Au début, ils ne savaient pas grand chose sur la manière d’agir, puisque la connaissance s’accroît avec la pratique.

Il a fallu aller sur le terrain en même temps que les tireurs. Au delà d’apprendre sur les pratiques des missions d’abattage, il y a aussi l’expérience de l’isolement, être confronté à la mort et à l’adversité. C’est là qu’on voit la grande force morale des personnes engagées.

S’opposer à une telle décision c’est avoir en face de soi non seulement l’État mais aussi les personnes vivant de l’agriculture ayant un intérêt très fort dans l’abattage. Des personne qui n’hésitent pas à aller loin dans l’intimidation, des pneus crevés aux menaces de « sortir le fusil ».

De 2013 à 2016, le contexte n’était pas tout à fait le même qu’aujourd’hui, il s’agissait d’éradiquer complètement les bouquetins, le plus rapidement possible. Il y avait alors une opération d’envergure militaire. D’ailleurs le massif était inaccessible et la gendarmerie était déployée dans la montagne pour traquer les citoyens mobilisés, utilisant même des hélicoptères pour les « évacuer » de la zone.

La situation a changé dans le sens où la préfecture a changé sa stratégie. Il semblerait que de l’éradication brutale, on passe à l’éradication « douce ». La préfecture donne alors un nombre de mise à mort, pour l’année, qui paraisse « raisonnable », moins choquante, en espérant que l’opinion publique se mobilise moins du côté de la défense des bouquetins.

Le nombre est fixé à 20 mais, par exemple, tuer 20 femelles en période de gestation/mise à bât, c’est être encore dans l’extermination de la population. Surtout si cela continue encore pendant 5 ans.

L’isolement est aussi moral, puisque lorsqu’on a en face des personnes ayant le pouvoir, des larges campagnes de désinformation tentent de renforcer l’isolement pour mieux pouvoir neutraliser la résistance populaire.

Ainsi les militants sont toujours toujours affilié à l’idée de l’extrémisme par les autorités et les organisations d’agriculteurs (le ton de leur communiqué officiel parle de lui-même).

La volonté indéfectible d’assurer une présence dissuasive au moment des tirs a mené les alliés des bouquetins à camper sur place ou bien a monter dans le Bargy à pied, de nuit, depuis les villages en contrebas. Il faut alors savoir supporter les conditions météorologiques propres à la montagne (pluie, neige ou grosses chaleurs). C’est beaucoup d’abnégation.

Souvent en groupe mais parfois seuls, cachés et impuissants. C’est ainsi que certains et certaines ont été spectateurs de dizaines de mise à mort, de l’emballage des corps et de leur convoyage en hélicoptère avant d’être entassés dans des containers. Ce fut le cas les 1er et 2 octobre 2013, où les gardes de l’ONCFS abattirent pas moins de 197 bouquetins, sans test, ni préalable, ni post-mortem.

Les gens de gauches sont du coté de la rationalité et de la dignité, ici défendue par des personnes dont l’altruisme tranche avec les valeurs de ceux d’en face. Ces derniers ne défendant rien d’autre que leurs intérêts personnels, leur source de profit et comme il se doit, avec un mépris total pour la vie.

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