« Ici c’est la vallée de la mort  » : les rapports Analytika sur la pollution de l’air4 min read


Ecologie, Vie quotidienne / vendredi, juin 15th, 2018

Depuis le terrible « pic » de pollution de l’air entre le 30 novembre 2016 et le 4 janvier 2017, la question de la pollution de l’air dans la vallée de l’Arve relève d’une question d’ordre nationale.

Le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, qui s’est déplacé à Chamonix en septembre 2017 reconnaît lui-même que la vallée est un « cas d’école » en matière de pollution de l’Air.

Cependant, les mesures prises par l’État semblent bien dérisoires au regard de l’impact sanitaire et écologique que causent les polluants. C’est en partie pour « donner un nouveau souffle » à la lutte contre la pollution de l’air que s’est fondé, fin 2017, le collectif « Coll’Air Pur/Santé » afin de faire pression sur les autorités pour la mise en œuvre de réelles mesures.

C’est ce collectif qui a récemment remis la pollution de l’air sur le devant de la scène médiatique puisqu’il est à l’initiative, avec « Écologie sans frontières », d’un dépôt de plainte pour « carence fautive de l’État ». Ce sont plus de 500 plaintes qui ont été déposées en gendarmerie, ce qui traduit bien la colère populaire…

Dans un esprit démocratique, ce collectif a également contacté un laboratoire d’analyse indépendant (Analytika – Investigations & expertises en contaminations chimiques) pour qu’il fournisse son expertise quant aux polluants présents dans la vallée.

Or, les résultats sont pour le moins alarmants et (très) préoccupants ! On retrouve dans des poussières prélevées à Passy neuf métaux lourds, dont certains comme le zinc, avec un taux six fois supérieure à la normale.

Les métaux lourds dans les poussières de la vallée de l’Arve

On y constate aussi une présence importance de fer et d’aluminium, des composants issus de l’acide phtalique (perturbateurs endocriniens), mais également des molécules tumorigènes issues de l’activité industrielle. La dernière analyse issue d’un relevé sur des « trompettes de la mort » à hauteur de la zone industrielle de Chedde révèle également la contamination élevée des champignons, et donc de toute la végétation.

Le laboratoire Analytika déclare :

Ce « cocktail » s’avère d’une telle complexité que les effets sanitaires sur la population de la vallée de l’Arve demeurent totalement imprévisibles dans l’état actuel des connaissances toxicologiques.

Cette étude vient compléter les analyses effectuées par l’ATMO Rhône-Alpes, ciblant les feux de cheminées à foyer ouvert comme source principale d’émission des particules fines de type PM 10 PM 2,5 (taille redoutée car cela favorise l’infiltration dans le système sanguin puis nerveux).

L’étude Analytika prouve ainsi la présence massive d’autres composants chimiques polluants, probablement dangereux pour les humains, les animaux et la végétation, alors même que nous sommes au printemps avec des cheminées éteintes.

La question de la pollution est belle et bien un tout, une dégradation globale des conditions favorables à la vie.

On voit bien que l’atmosphère est polluée, mais également la lithosphère (terre) avec l’étude sur les champignons. Il est également probable que ce « cocktail » polluant pénètres les cours d’eau et les nappes phréatiques, polluant l’hydrosphère. C’est bien toute la biosphère qui est impactée.

Comme le dit justement l’association « Collair’Air Pur » « on se cache derrière un écran de fumée en ne prenant en compte que les particules fines mais ici, c’est la vallée de la mort parce qu’on se limite à la réglementation ».

C’est tout à fait juste de critiquer le fait de se limiter à « la réglementation » puisque le problème de pollution nécessite une remise à plat d’un mode de production, d’un style de vie.

Comment ne pas parler de « vallée de la mort » dans une vallée où les pics pollution y sont plus récurrents et plus longs que dans la région parisienne, et qu’en générale la pollution y est plus élevée tout l’année ?

Le niveau de pollution de l’air implique toute la vie quotidienne, du sport à l’alimentation en passant par l’enfantement.

Mais tout comme dans l’affaire du glyphosate, il n’y a aucun objectif réel de transparence et de mobilisation à la base de la population.

Comment se fait-il que des membres de « Coll’Air Pur » interviewés dans le journal local soient forcés de « garder l’anonymat car on peut plus en parler sous peine de se faire insulter » ? Comment peut-on accepter un préfet qui, sur un ton méprisant, sous-entend que le collectif « cherche à attaquer l’Etat et finalement nuire à la parole publique » ?

Ce qui se joue c’est bien un combat populaire et démocratique où la population doit réclamer l’ensemble des moyens d’un État (scientifiques, techniques, médiatiques) pour être la pointe avancée de la lutte nationale contre la pollution de l’air.

7 réponses à « « Ici c’est la vallée de la mort  » : les rapports Analytika sur la pollution de l’air4 min read »

  1. Je suis de la campagne les hauts de France mon fils demeure a Cluses H.S. J’ai constaté de la neige n’est pas blanche. mais légèrement grise a 2500 m que dire de plus J’D

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