La vallée de l’Arve et sa zone Natura 2000


Ecologie / samedi, juin 2nd, 2018

Une partie de la vallée de l’Arve est classée en zone Natura 2000 (SIC), cela a pour but de préserver un certain nombre d’habitats et d’espèces vivantes. Le complément SIC (site d’importance communautaire) vise a maintenir ou a rétablir le bon état de certains habitats et espèces menacées. Elle est divisée en 3 parties, dans le sens de l’écoulement de l’Arve.

Sallanches (XVIIIe siècle)

Une première partie commence à Marnaz et va jusqu’à Vougy, la 2eme partie s’étend elle de Bonneville à Annemasse, puis la 3eme et dernière partie , qui est  aussi la plus petite, se situe aux alentours de Gaillard près de Genève. Zones humides pour la plupart, ces milieux accueillent de nombreuses espèces  protégées et/ou en voies de disparition.

Que ça soit la faune ou la flore, il nous est indispensable de pouvoir identifier tout cela. La richesse écologique du site Natura 2000 est à mettre en lien avec la rivière et son caractère torrentiel. Cette dynamique façonne des peuplements pionniers spécifiques aux cours d’eau alpins comme les bancs à petite massette autant que des forêts alluviales à bois tendre ou à bois durs.

Avant l’industrialisation du XIXe siècle la vallée de l’Arve était une gigantesque éponge naturelle absorbant les eaux de pluie mais aussi le principal fleuve, au débit particulièrement intense du à la fonte des neiges.

Sous le poids de l’urbanisation, la dynamique alluviale a régressé sur la vallée de l’Arve et, avec elle, le nombre d’habitats et d’espèces associées. Dernièrement, le projet de contournement routier de Marignier renforce encore l’empiètement du béton sur les espaces humides, ce qui nous pousse à questionner l’utilité réelle du dispositif environnemental…

Néanmoins, si le site est malmené, via les extractions de matériaux ou le dépôt de décharge, la nature a, dans bien des zones, repris ses droits et abrite désormais une biodiversité importante. Les étangs issus des anciennes ballastières attirent notamment des espèces rares comme le Blongios nain. Seule une quinzaine de couple de ce petit héron migrateur nichent sur l’ensemble du département. La vallée de l’Arve abrite, selon les années, 50 à 80% de ces oiseaux nicheurs.

Un Blongios nain

Si ces milieux ne sont, initialement, pas spécifiques à la vallée, ils jouent désormais un rôle important dans la conservation de ces espèces de plans d’eau dont les habitats tendent à disparaître avec l’artificialisation des sols, la disparition des zones humides…

On retrouve quatre grands types d’habitats sur ce site :

  • Les forêts alluviales :

Elles sont directement dépendantes des inondations temporaires ou permanentes du site.

Sources de nombreuses formes de vie, elles jouent

également un rôle « tampon », constituant par exemple des écrans entre les activités humaines et les sites remarquables, créant ainsi les zones de quiétude nécessaires à la reproduction.

Ces forêts abritent également des espèces d’intérêt communautaire comme le Milan noir qui y niche ou encore certaines espèces de chauves-souris. C’est également l’habitat du Castor qui a réussi sa recolonisation des bords d’Arve après avoir totalement disparu.

  • Les habitats dits « pionniers » :

Premiers à recoloniser les bancs de la rivière et ses berges après les crues, ces habitats sont constitués d’une flore particulière comme la petite Massette, la Myricaire ou encore certains saules arbustifs.

Petite massette
  • Les milieux « ouverts » qui présentent des caractéristiques très hétérogènes.

  • Le site étant situé entre 390 et 480m d’altitude, les milieux ouverts ne sont pas apparus « naturellement »,  mais sont liés à l’activité humaine (en particulier l’agriculture). Certains sont particulièrement remarquables comme les coteaux secs d’Arthaz.

  • Les « ballastières » :

Ces étangs sont issus des activités d’extraction de matériaux, destinés en particulier au ballast des routes et autoroutes. Le site en abrite encore 35 qui se sont aujourd’hui « renaturées » toutes seules. D’autres ont été comblées par des décharges avec lesquelles il faut aujourd’hui composer, en particulier en vue de leur réhabilitation. Sur les ballastières encore en eau, le développement de la végétation, et en particulier des roselières, a permis l’arrivée d’oiseaux nicheurs typiques des étangs qui trouvent, dans ces nouveaux milieux, des zones de remplacement aux zones humides disparues.

Un espace sans vie ne le reste pas, à moins qu’on ne l’en empêche. Par exemple, nous constatons que même dans les usines de décolletage laissées à l’abandon,  pleines de restes d’huiles et de produits chimiques, des fleurs et des plantes y repoussent.  Comme le dit Vladimir Vernadsky, « la vie reprend ses droits ».

En tant que personnes de gauche, il nous semble très important de connaitre ce qui nous entoure car nous en faisons partie intégralement, et ainsi de défendre au mieux la vie.


Zone Natura 2000 Vallée de l’Arve

Pour plus d’information : le site Arve  Natura 2000

2 réponses à « La vallée de l’Arve et sa zone Natura 2000 »

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