Megève : pour une opposition ferme aux divertissements avec animaux !


Ecologie / mardi, août 14th, 2018

Malgré la validation d’un arrêté municipal interdisant l’installation de cirques avec animaux, le cirque Zavatta s’est installé ce vendredi 10 août, à Megève. De plus en plus de communes prennent ce genre de résolution, tentant de répondre à une exigence populaire de plus en plus forte.

Cependant, ces règlements municipaux sont bien souvent sans effets concrets car, en réalité, lorsque les cirques arrivent avec leurs animaux, les moyens ne sont pas mis en œuvre pour les faire appliquer.portés par des circassiens

D’ailleurs, au stade de la mobilisation actuelle, les maires craignent bien plus les représailles des exploitants d’animaux que la colère populaire encore embryonnaire.

Lorsqu’on est engagé dans la cause animale, il est assez déstabilisant d’entendre de le part des mairies qu’elles ont peur des circassiens ! Mais cela est compréhensible puisque toute personne ayant pris part à une manifestation pour les animaux des cirques sait qu’une violence brute y est utilisée.

Coups portés par des circassiens

Il y également des leviers politiques qui peuvent amener les mairie à choisir une stratégie « d’accompagnement » plutôt que la répression.

Dans cette cause, on voit que les institutions ne sont pas, dans leur nature, au service du peuple. Pour que cela soit le cas, il faut de la pression populaire venue d’en bas, sinon rien n’est réellement mis en œuvre puisque derrière les cirques, il y a le droit de propriété, le tourisme…

Une mairie qui tient la ligne ?

Dans le cas de Megève, les élus municipaux semblent vouloir trancher de manière plus ferme puisqu’ils ont tenté de faire barrage lorsqu’ils ont vu le cirque arriver avec ses animaux.

La mairie de Megève a sûrement en mémoire le terrible accident de 2014 ayant eu lieu sur sa commune : un nourrisson fut mordu par un dromadaire du cirque Zavatta, ce qui en dit long sur le stress et l’énervement subis par ces animaux.

Au règlement municipal contre les cirques avec animaux s’ajoute une demande de référé adressée au tribunal de Grenoble. Un référé est une procédure d’urgence afin d’obtenir une décision de justice, et donc des moyens de la faire appliquer. Mais le tribunal de Grenoble l’a rejeté, ouvrant la voie à l’installation légale du cirque.

Cela montre bien que la classe dirigeante est divisée au sujet de la cause animale.

En général, les mairies sont plus proches de la population alors que les hautes sphères sont plus conservatrices. On le voit par exemple avec le soutien du président Emmanuel Macron avec la très contestée chasse à courre, alors qu’une majorité de français s’y oppose au niveau local.

Les exploitants et les personnes haut-placées conservatrices font donc bloc pour ne rien changer, en mettant en avant la défense des traditions.

Comment continuer à cautionner l’enfermement d’animaux pour un divertissement alors que des milliers d’espèces animales disparaissent avec la destruction de la planète ? Le futur c’est bien de rendre la dignité à toutes les formes de vies qui ont été mal-traitées par l’exploitation humaine !

Les calèches de Megève

La question des cirques avec animaux ouvre bien la question du divertissement humain par l’utilisation d’animaux.

Ainsi, lorsqu’on voit la chose comme cela, on peut se demander comment les traditions des calèches peuvent perdurer comme c’est justement le cas à Megève.

Des calèches pour ravir les touristes…

Lorsque l’on dit qu’utiliser les animaux comme spectacle, gagner de l’argent sur leur souffrance n’est pas éthique, il faut donc être ferme !

La mairie de la station prend entre 27 et 106 € aux touristes contre des balades dans des calèches tirées par des chevaux toute la journée. Cela participant à l’image pittoresque du village, à la tradition des animaux utilisés pour le loisir…

De même pour un concours équestre bourgeois comme le Jumping International Megève qui a eût lieu entre le 16 et le 22 juillet au même endroit. Le dressage d’un cheval n’est pourtant pas différent en calvaire, pour l’animal, que celui d’un éléphant.

Jumping International Megève (16-22 juillet)

Sortir de l’arriération culturelle !

De manière générale, il nous faut sortir de l’ère du divertissement de l’homme par l’exploitation d’animaux. Ainsi, l’opposition contre la présence du cirque à Megève doit être une porte d’entrée à une remise en cause des vieilles traditions qui soumettent les animaux pour le plaisir des êtres humains.

La lutte contre le cirque avec animaux est une lutte juste et la mairie a raison de batailler de toutes ses forces. Elle porte une cause de progrès : il faut la défendre en tant que telle. Toutefois les personnes engagées en dehors des institutions ne peuvent se permettre de soutenir sans critiquer l’action municipale.

Soutien au rassemblement ce mercredi 15 août à 16h30 devant le parking du palais de Megève

Ce serait valider la différence artificielle entre des animaux qui, par nature, serait voués à servir l’homme (ici les chevaux pour les calèches) et des animaux qui aurait un droit à la vie « naturelle » (éléphants, lions des cirques).

En effet, dans le cas de Megève, il faut voir les circonstances particulières d’un village façonné depuis toujours par la haute bourgeoisie française.

Affiche ancienne : La tradition de la calèche à Megève

D’un côté, il y a les traditions bourgeoises françaises de la station de Megève : l’équitation, le charme d’une ballade en calèche comme au « bon vieux temps », un temps qui est justement périmé, qui doit être dépassé une bonne fois pour toute.

De l’autre, il y a une tradition qui n’a jamais été vraiment admise comme française puisque les grandes familles du cirque en France sont issues de minorités nationales, algérienne par exemple avec le cirque Amar ou Roms (Bouglione, Zavatta). À cela il faut rajouter qu’en général, le mode de vie itinérant mène les sédentaires à beaucoup de méfiance, voir de rejet.

La (fausse) opposition de ces deux formes traditionnelles d’utilisation des animaux pour un divertissement passéiste expliquent ainsi que les exploitants de cirques mettent en avant un supposé racisme à leur égard.

A l’heure de la destruction de la planète (donc des conditions naturelles de la vie animale), la fin de toutes les vieilles traditions doit être portée fermement par la population qui n’est pas liée économiquement à l’exploitation animale.

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