Extrait de livre : Ce que tout écologiste doit savoir à propos du capitalisme.


Ecologie / lundi, septembre 17th, 2018

De plus en plus de scientifiques et économistes s’accordent à dire que la question écologique doit nous amener à considérer notre système de production comme facteur majeur de destruction de la biosphère. Cet extrait de livre permet de comprendre simplement ce phénomène.

C’est pour cet apport que nous partageons cet extrait. Nous précisions que nous ne sommes pas d’accord avec le terme d’ « environnement » qui banalise l’idée que la nature serait une chose figée extérieure à l’humanité, vue comme une « ressource ». L’être humain est une espèce vivante à l’intérieur de la biosphère, il n’y a pas d’extérieur, d’ « environnement ».

De la même manière, il ne nous semble pas juste de dire que le capitalisme règne « aux quatre coins du monde » car justement c’est un système qui répartie inégalement les richesses. Il y a quelques pays capitalistes riches qui domine des pays pauvres organisés autour de relations féodales de production.

Ceci étant dit, il y là une bonne entrée pour mener une réflexion sur certaines solutions internes au capitalisme proposées dans les courants écologiques actuels. On y trouvera notamment un passage sur le mythe d’une consommation qui contrôle la production, et du capitalisme « vert et solidaire ».

Voici l’extrait :

La technologie au service du capitalisme ce n’est pas la même chose que la technologie pour les besoins sociaux et écologiques.

« Notre conviction est que la très grande majorité des problèmes environnementaux que nous rencontrons sont provoqués ou aggravés par le fonctionnement de notre système économique. Même les questions comme la croissance démographique et la technologie seront mieux analysées si elles sont comprises dans leur relation à l’organisation socio-économique de la société.

Il est vrai que la compétition et la course au profit amènent beaucoup d’entreprises à prendre des raccourcis lorsqu’il s’agit de la sécurité des travailleurs et de l’environnement ; c’est la raison pour laquelle nous avons besoin de régulations fortes qui doivent, indiscutablement, être respectées.

Toutefois, l’ensemble des problèmes environnementaux n’est pas une conséquence de l’ignorance ou de l’avidité innée des êtres humains. Ces problèmes n’émergent pas parce que les propriétaires d’entreprises sont des individus moralement défaillant, bien que certains le soient. Il ne s’agit pas non plus d’un manque de régulation appropriées.

Nous devons, au contraire, chercher des explications dans le fonctionnement même de l’économie politique. C’est parce qu’elle fait partie intégrante de la nature et de le logique propre de notre système de production et de distribution actuel que la destruction écologique est difficile à éliminer.[…]

 » C’est l’obsession de l’accumulation du capital qui différencie le capitalisme d’un simple système visant à satisfaire les besoins humains, comme il est décrit dans la théorie économique dominante. Et un système qui repose sur l’accumulation du capital est un système qui ne s’arrête jamais, un système en mutation perpétuelle, qui adopte de nouvelles méthodes de production et de distribution, tout en se débarrassant des anciennes; un système qui s’étend sur de nouveaux territoires, assujettissant à ses propres buts les sociétés qui sont trop faibles pour se protéger.

Pris dans ce procès d’innovation et d’expansion incessante, le système écrase même ses propres bénéficiaires s’ils en entrave la course, ou s’ils sortent de son chemin. Pour ce qui concerne l’environnement naturel, le capitalisme le perçoit non pas comme quelque chose à chérir et à apprécier mais comme un moyen pour atteindre le but primaire de réaliser des profits et d’accumuler encore plus de capital. »

PAUL M. SWEEZY

Le système dominant aux quatre coins du monde est le capitalisme. Pour beaucoup d’entre nous, le capitalisme fait tellement partie intégrante de nos vie, qu’il en devient invisible, comme l’air que nous respirons. Nous en sommes inconscients, comme les poissons le sont de l’eau dans laquelle ils nagent. En grandissant, nous assimilons et nous acquérons l’éthique, l’aspect et les valeurs internes du capitalisme. Inconsciemment, nous apprenons que l’avidité, l’exploitation des travailleurs et la compétition (entre individus, entreprises et pays) sont, non seulement acceptables, mais, en réalité, un bien pour la société car elles nous aident à faire marcher l’économie « efficacement ».

Karl Marx, théoricien critique du capitalisme et militant révolutionnaire (1818-1883).

La plupart d’entre nous sommes tellement empêtrés dans le capitalisme, que nous en avons à peine conscience. Il faut donc fournir une définition rudimentaire. […] Karl Marx écrira trois volumes pour définir le capital en tant que rapport social, et il comptait en écrire autant d’autres.

Très succinctement, le capitalisme est un système économique et social dans lequel les propriétaires du capital (ou capitalistes) s’approprient le surplus de produit créé par les producteurs directs (ou travailleurs), ce qui conduit à l’accumulation du capital (investissement et amas de richesse) par les propriétaires. La production prend la forme matérielle de biens de consommation pour le marché, dans le but de créer du profit et de soutenir l’accumulation. dans ce système, les individus poursuivent leur intérêt personnel, contrôlés seulement par la compétition mutuelle et les forces impersonnelles du marché.

[…] Mais l’essence du système ne repose pas tant sur les rapports de marché, que sur les rapports de production, qui sont les rapports d’exploitation. C’est ici que les travailleurs, en effet, louent leurs capacités de travail au plus offrant, lui fournissant le surplus de travail qui est à la base du profit dans le système capitaliste, et donc au fondement du système lui-même.

Même si les défenseurs du capitalisme affirment que l’égoïsme qui est à la base du système le rend aussi extrêmement efficace et remarquablement juste, cela est manifestement faux. La capitalisme est non planifié et archaïque, ressemblant à un moment donné à un navire à la dérive, à un autre à un train fou.[…]

Le capitalisme ne connaît […] pas de limite à sa propre expansion : il n’existe pas de quantité limitée de profit, ni une quantité limité de richesse, ni une quantité de consommation qui soit « juste » ou « trop élevée ». Cela signifie que l’environnement existe non pas comme un endroit avec des limites inhérentes, dans lesquelles les êtres humains doivent vivre avec les autres espèces de la terre, mais comme un royaume à exploiter dans un procès d’expansion économique croissant.

Selon la logique interne du capital, les affaires, renforcées par la compétition, doivent soit grandir, soit mourir, tout comme le système lui-même. »

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