Plan de Protection de l’Atmosphère II : il nous faut un contrôle démocratique !


Ecologie, Politique / vendredi, septembre 21st, 2018

Avec la fin de la mise en œuvre du premier plan de protection de l’atmosphère (P.P.A) en février 2017, un nouveau P.P.A est à l’élaboration pour la fin de l’année 2018. Ainsi, entre septembre 2017 et avril 2018, des groupes de travail sur des thématiques précises ont été mis en place afin de préparer le nouveau plan.

Les associations rassemblées dans le Réseau Air 74 ont participé avec les autorités locales à ce processus institutionnel. Le réseau associatif avait émis 25 propositions, dont 12 urgentes. Voici les 7 groupes de travail et leurs responsables :

Groupes de travail

Responsables

Activité professionnelle

« économie »

Christophe Ceccon & Francois Bordelier

Administrateur de la Holding financière « Ceccon » & directeur adjoint de la C.C.I de Haute-Savoie

« Collectivités »

Bruno Charlot & Christelle Petex

Sous-préfet de Bonneville & vice-présidente du Conseil Départemental

« Agriculture »

Marie-Louise Donzel

Présidente de l’Union des Producteurs de Reblochon Fermier

Résidentiel/Tertiaire

Bruno Forel

Maire de Fillinges (2014) et ancien industriel

Ressources/Déchets

Martial Saddier

Député Les Républicains, 3e circonscription

Santé

Cécile Buvry & Jacques Venjean

Médecin Général à Passy & Médecin du travail et allergologue (militant Europe Ecologie)

Transports/mobilité

Eric Fournier

Maire de Chamonix (depuis 2008)

Comment ne pas voir la grande naïveté dans toute cette affaire ? Comment penser que quelque chose avance rapidement quand ce sont les mêmes notables locaux qui dirigent la vallée depuis des années qui se retrouvent dans les groupes de travail ?

Par exemple, Christophe Ceccon et François Bordelier sont tous les deux chefs d’entreprises et responsables du groupe de travail « activités économiques ». On peut se dire qu’ils sont « bien placés » et connaissent justement bien leur sujet.

Mais cela serait oublier qu’ils ont aussi un intérêt privé lié à la réussite de leur entreprise qui passe par l’accroissement d’un capital. Or, transformer les conditions de production dans un sens écologique cela a un coût, comme le système de chauffage, les filtres de l’air, le contrôle des produits chimiques, etc.

Comme pour le contrôle du respect du code du travail, la mise en œuvre de mesures écologiques nécessitent des moyens coercitifs extérieurs à l’entreprise, avec de vastes ressources pour rendre efficaces les contrôles. Cette puissance elle ne peut venir que de la population locale qui génère ses propres agents de contrôle et les révoquent s’ils s’écartent de leurs missions (comme dans le cas de conflits d’intérêts par exemple).

Sans cela, il y a contournement, tricherie face à la loi et aux réglementations. Dans un système libéral conditionné par le « laisser-faire, laisser-aller » où chacun voit son intérêt privé à court terme, comment pourrait-il en être autrement ?

Comment s’étonner ensuite que les mesures sur les entreprises soient peu transparentes, sans suivis concrets ? Pour cela il faudrait évidemment un comité populaire de contrôle des mesures sur les industries !

Nous ne sommes pas là pour critiquer gratuitement les implications de chacune et de chacun, ni pour apparaître comme plus « responsables ». Nous sommes là pour porter une proposition de gauche sur le problème de la pollution de l’air : il faut en débattre, s’en saisir ou non, élaborer une critique, bref faire avancer la Cause.

Quand on est de gauche, on sait bien que les institutions sont le relais des intérêts économiques qui ne peuvent être changées que par une pression populaire.

Les élus des quatre communautés de commune locales (Cluses Arves et Montagnes, Pays du Mont-Blanc, Pays Rochois et Chamonix Mont-Blanc) peuvent bien écrire au préfet pour protester contre ce nouveau PPA (notamment sur le très faible financement par l’État), cela ne change pas que le PPA est, depuis le début, enfermé dans ses propres limites.

Car le problème est en effet l’État dans sa capacité de financement mais également de contrôle implacable des mesures. Il ne faut pas oublier que la démission de Nicolas Hulot a révélé l’inconsistance de cet État à prendre aux sérieux l’écologie, tout autant que le gouvernement actuel dirigé par Emmanuel Macron est pétris dans l’ultra-libéralisme…

Ne pas poser la question de la défaillance des fonctions de l’État, c’est s’enfermer dans l’éternel « coup de gueule » sans aucune perspective concrète d’avenir.

Pour nous, il est clair que les élus et les associations doivent trancher : ou bien ils se font le jeu de la conciliation et de la pacification, ou bien ils assument de sortir de ce carcan afin d’amplifier un mouvement populaire capable de devenir un outil de contrôle démocratique.

Relais institutionnel par le haut ou comité populaire par le bas, il n’y a pas d’autre choix !

2 réponses à « Plan de Protection de l’Atmosphère II : il nous faut un contrôle démocratique ! »

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