Quel engagement contre la pollution de l’air ?


Ecologie / vendredi, octobre 5th, 2018

La colère populaire contre la pollution de l’air qui s’est faite sentir à l’hiver 2016-2017 a marqué les esprits, surtout ceux des dirigeants locaux. L’Etat et les communes mettent alors en œuvre des mesures afin de montrer que des choses sont « faites », que la population n’est pas « livrée à elle-même ».

Au-delà des (maigres) réglementations issues du premier plan de protection de l’atmosphère, d’autres actions ont été mises en place. C’est le cas des « ambassad’R », des panneaux d’incitation à couper son moteur à l’arrêt, les aides du SITOM (incinérateur) aux compostages individuels….

Au fond, ces mesures relèvent d’une seule et même logique : celle libérale qui veut que la fin de la pollution de l’air passe seulement par un changement des comportements individuels. Les « ambassad’R » sont là pour « éduquer » les foyers au changement de leurs feux de cheminée, les panneaux aux abords des écoles doivent « inciter » à stopper son moteur à l’arrêt, etc.

Sur le site de la « communauté de commune des pays du Mont-Blanc », voilà comment sont présentées les « Ambassad’R » incarnées par des « services civiques » depuis octobre 2017 :

Les Ambassad’R vont à la rencontre des habitants en sonnant aux portes, pour discuter avec eux sur la qualité de l’air. Ces échanges permettent d’écouter avec attention les remarques de chacun sur la protection de l’environnement, d’apporter des réponses aux questions sur la qualité de l’air, et présenter les réalisations et projets réalisés par la collectivité et les gestes que chacun peut  faire pour agir à son niveau (parabole du colibri).

C’est précisément avec cette « idéologie » du « Colibri » que l’on voit qu’on ne peut pas ne pas se positionner politiquement face à la pollution de l’air, aux problèmes écologiques en général.

Toute la démarche des autorités résident bien dans l’importance accordée aux changements individuels, aux « bon vouloir » éparpillés des gens. C’est une démarche que l’on peut classer à droite car elle place au second plan la société et au premier plan l’individu.

A « Arve à Gauche », nous disons  qu’il faut une planification des choses pour un changement collectif sur le long terme. Le problème de la pollution de l’air est bien trop grave, bien trop révélateur d’un mode de production et de consommation, pour être laissée aux seules volontés individuelles.

Est-ce à dire que les changements de comportements « ne servent à rien » ? Bien sûr que non ! Mais on voit bien qu’il y a une différence entre mettre l’accent sur les seuls changements individuels ou batailler pour un changement collectif.

Il est évident qu’il faille changer nos comportements individuels en ne jetant pas ses déchets par terre, en faisant le tri, en limitant l’usage de sa voiture. Notre collectif assume le fait de ne pas consommer d’animaux (principale source de pollution atmosphérique) tout comme nous refusons le tabac car nos poumons sont déjà pourris par la substance polluante nommée « benzo(a)pyrène », présente dans la combustion des cigarettes mais aussi dans la production d’électrode (comme SGL Carbon à Chedde).

Se désengager des comportements néfastes pour la planète et pour soi-même est une condition nécessaire pour que chacun porte un changement en acte. Nous parlons bien de « désengagement » au sens où cette société nous engage, qu’on le veuille ou non, chaque jour dans des comportements qui va à l’encontre des intérêts de la Nature.

Manifestation à Sallanches contre la pollution de l’air en décembre 2016.

Mais se désengager ne peut se suffire à lui-même s’il n’est pas suivi d’un engagement dans un projet collectif. Ce qui prime c’est qu’en tant qu’individu nous sommes principalement dépendant de la collectivité. L’individu ne peut se changer en profondeur si la collectivité ne l’est pas aussi !

C’est pourquoi nous incitons les personnes qui luttent contre la pollution de l’air (et pour la planète) à s’investir dans des jardins collectifs où des compostages collectifs peuvent aussi exister. Il est aussi impératif de se mobiliser en construisant un collectif de lutte écologique.

Lorsqu’on connait au moins une ou deux personnes autour de soi qui partagent une vision écologique progressiste, il faut alors agir collectivement, ne pas être dans l’attente des consignes d’associations déjà constituées. Seule la multiplication d’initiatives collectives est à même d’engendrer un changement démocratique en profondeur !

Couper son moteur à l’arrêt, faire un compost, respecter les limitations de vitesse, etc., c’est le « minimum syndical » dans la société actuelle. Mais au long terme et pour réellement endiguer la pollution, il faut impérativement lutter collectivement pour obtenir des transports en commun gratuits et accessibles pour toutes et tous, des systèmes de compostages collectifs à l’échelle d’une commune, un réel contrôle démocratique sur les usines locales.

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