Radars, banques et horodateurs : des cibles de droite


Politique / dimanche, janvier 20th, 2019

Dans notre dernier article sur la “vague irrationnelle et complotiste”, nous critiquions sévèrement les actions de dégradations des banques et d’un horodateur à Sallanches, tout autant que  la mise hors d’usage des radars automatiques le long des routes.

Il est clair pour nous que la nature de ces actions n’a rien à voir avec le mouvement ouvrier, avec la lutte des classes et le socialisme. Mais dans le contexte de délabrement de la Gauche, une explication semble nécessaire…

Au fond, ces actes posent la question du rapport critique à la vie quotidienne sous le capitalisme. Et pour renverser un ordre social, il faut en avoir une juste compréhension.

Qu’est-ce-que la vie quotidienne si ce n’est chercher à se nourrir, se loger, se vêtir, se divertir, et se reproduire ? Chacun sait que, concrètement, pour satisfaire ces besoins quotidiens, il faut travailler pour avoir un salaire.

Or, dans le capitalisme, le salaire, fourni par l’ « employeur » et administré par l’État, ne correspond pas à la valeur du travail réellement effectué.

Et ce qui en fait un système inégalitaire c’est que les bénéfices issus de l’usage de la force de travail vont dans le train de vie décadent de la bourgeoisie, dans l’agrandissement des entreprises privées, et dans le fonctionnement d’un appareil d’État qui n’est pas au service du peuple.

En effet, on n’en voit que rarement le retour en termes d’amélioration de la vie quotidienne.

Par exemple, dans la vallée de l’Arve, où vont les gigantesques profits du tourisme et du décolletage ?

Certainement pas dans des transports en commun efficaces, mais bien plus dans l’agrandissement d’hôtels de luxe, dans de nouvelles surfaces commerciales, dans l’extension de zones industrielles qui rendent la vie toujours plus morose dans un environnement naturel  sans cesse rongé…

A partir de là, peut-on dire que les banques, les horodateurs et les radars sont le fondement de nos malheurs ? Il faut bien sûr être en dehors du mouvement ouvrier pour affirmer cela.

Car le mouvement ouvrier a toujours été clair : la source du capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme.

Concrètement cela se traduit par l’exploitation de la classe ouvrière par la bourgeoisie, à laquelle correspond le façonnement des personnalités par la marchandise afin d’assurer la consommation.

Face à ce système, le mouvement ouvrier propose une perspective stratégique nette et précise : collectiviser la vie quotidienne, c’est-à-dire placer l’individu au second plan au profit d’une solution planifiée et rationnelle sur le long terme en conformité à la dignité humaine.

Cela n’a rien à voir avec la pseudo contestation actuelle qui souhaite « libérer » l’ « individu » des « impôts », des « amendes » !

Fille du mouvement ouvrier, la Gauche formule alors un programme politique : conquérir le pouvoir pour instaurer le socialisme, seul système à même d’élever le niveau social et culturel des masses populaires.

1904, Cluses : les patrons tirent sur les ouvriers après une grève politique.

Du fait de sa place au cœur de la production, le mouvement ouvrier a développé une tactique précise :  la grève pour stopper le processus capitaliste. Mais aussi pour se libérer du temps afin de lutter, s’organiser, se former intellectuellement.

Selon l’intensité des conflits, des actions directes se forment, comme par exemple le bris de vitrines d’usines détestées, la séquestration de patrons, la récupération de marchandises dans les surfaces commerciales…

Les cibles du mouvement ouvrier sont toujours liées à la question de la marchandise (exploitation) et du pouvoir. Tout ce qui s’écarte de ces cibles porte la marque d’une petite-bourgeoisie instable qui ne sait pas ce qu’elle veut et vacille face à son « déclassement ».

Prétendre faire la “Révolution” en esquivant la question de l’exploitation, en refusant d’impulser des grèves, en ne touchant nullement à la question de la propriété privée, cela n’a rien à voir avec la Gauche mais plutôt avec la “Révolution nationale” de l’extrême droite.

2 réponses à « Radars, banques et horodateurs : des cibles de droite »

  1. « Chacun sait que, concrètement, pour satisfaire ces besoins quotidiens, il faut travailler pour avoir un salaire. »
    Si vous vous arrêtez à ça, la révolution n’est pas prête d’arriver.

    1. Bonjour,
      La « Révolution » n’est pas pour nous une irruption spontanée qui abolirait toutes les structures capitalistes. Elle est un processus basé sur la mobilisation démocratique des masses populaires.
      Dans un premier temps, elle cherche à reprendre le pouvoir sur les monopoles économiques qui broient tout, humains comme Nature. Le salaire ne peut être aboli qu’après de longue étape du changement social et culturel, ayant lieu après la sortie du capitalisme qui est surtout base sur la privatisation de la plus-value.

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