A propos de l’antisémitisme.


Politique / mardi, février 19th, 2019

Ce mardi 19 février 2019 est marqué par un élan contre l’antisémitisme, avec des rassemblements un peu partout en France dont un à Annecy à 19h devant le monument aux morts.

Nous appelons toutes les personnes se réclamant de la Gauche à rejoindre ce rassemblement. Malgré l’émotion du moment, il nous faut dire quelques mots à propos de l’antisémitisme.

Dans l’article du 16 janvier, nous alertions sur la vague complotiste qui a notamment touché la Roche-sur-Foron avec des tags antisémites.

Ces tags relativisant le nazisme et la Shoah sont venus rappeler que le spectre de l’antisémitisme plane aussi dans la vallée de l’Arve.

Mais peut-on en rester à l’indignation morale et à la dénonciation de l’antisémitisme comme simple rejet de l’autre ? Non, l’antisémitisme est une chose qu’il fait saisir dans toute sa complexité et sa particularité.

Dans le tumulte de la crise sociale et économique, ce sont toujours les préjugés qui redoublent d’intensité comme autant de repères qui rassurent. C’est ainsi que le vieux préjugé chrétien issu du moyen-âge comme quoi les juifs possèdent le « pouvoir » et « l’argent » refait surface dans la population.

Mais, la société actuelle étant régit par le capitalisme, ce préjugé prend une tournure offensive et prétend à lui seul fournir une vision du monde, une révolte « sociale ».

Derrière les discours, y compris à Gauche, sur la « Finance », la « mondialisation », « l’oligarchie de l’argent », etc., se cache parfois l’équivalence « juif = argent = capitalisme ».

A la différence du racisme de type « bouc-émissaire », l’antisémitisme a cette dimension qui parasite toute critique rationnelle du capitalisme.

Celle qui, issue du mouvement ouvrier, se base sur la lutte des classes, la bourgeoisie comme force sociale et historique à destituer, l’exploitation salariée et l’extorsion de la plus-value, le rapport à la propriété des moyens de production…

Tout cela vole en éclat derrière la simplicité populiste cherchant à s’attaquer à un pseudo « problème juif » pour résoudre les maux sociaux, économiques et politiques modernes.

Mais dès la fin du XIXe siècle, August Bebel, chef de la grande social-démocratie allemande dirigeant l’un des plus grands mouvements ouvriers européen, a résisté à cette vision irrationnelle en qualifiant l’antisémitisme de « socialisme des imbéciles ».

De l’Affaire Dreyfus à l’esprit « Je suis Charlie » en passant par la lutte contre les ligues factieuses dans les années 1930 et la profanation du cimetière à Carpentras en 1990, la Gauche a toujours été au rendez-vous de la lutte contre l’antisémitisme. Elle en sait le danger énorme, elle en connaît l’utilité ultime pour la sauvegarde du capitalisme.

C’est pourquoi il nous faut lutter fermement dans notre camp contre ces tendances antisémites. C’est pourquoi aussi seul le dépassement du capitalisme par une société basée sur le collectivisme et la rationalité permettra de faire reculer le désarroi populaire qui n’engendre que haine et rancœur.

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