Elections européennes : Dominique Martin et le boulevard à l’extrême droite.


Politique / vendredi, février 15th, 2019

Dans la vallée de l’Arve, le mouvement des gilets jaunes n’est plus que l’ombre de lui-même. Il n’empêche qu’à l’approche des élections européennes du mois de mai, tout cela annonce une vaste recomposition politique.

L’interview de Dominique Martin dans l’édition du journal « Le Faucigny » du 24 janvier 2019 permet de comprendre comment l’extrême droite française se restructure.

1. « On a le vent dans les voiles »

Dans cet interview, Dominique Martin rappelle qu’un boulevard est ouvert pour une large victoire du Rassemblement National aux prochaines élections européennes.

 

Nous sommes très très sereins, car tous les événements nous donnent raison. On a le vent dans les voiles et ça va nous permettre  de faire une campagne pas trop onéreuse ! En plus, la droite, la gauche, les vieilles oppositions, n’existent plus […] C’est un nouveau combat qui a commencé, celui des nationaux face aux mondialistes.

La mise en avant d’une « nouvelle » lutte entre la Nation et le reste du monde a de quoi alerter la Gauche.

Avec l’expérience du passé, on sait bien qu’une telle vision mène au racisme, au militarisme et à la dictature. Elle se développe toujours dans le rejet de pseudos ennemis extérieurs.

Cela est d’autant plus inquiétant que l’extrême droite, parfois en alliance avec des forces ultraconservatrices, gouverne déjà en Italie, en Hongrie, en Autriche, en Pologne.

Cette montée de l’extrême droite est le symptôme de la crise du capitalisme qui voit les tensions entre les grandes puissances s’intensifier. On le voit dans les frictions entre la France et l’Italie, dans le « Brexit », ou encore de manière plus grave en Crimée entre la Russie et l’OTAN.

Il y a une course à la militarisation, dont la montée des forces nationalistes n’est que le couronnement politique pour mobiliser les populations.

En France, cette tendance se trouve solidement implantée grâce aux 11 millions de voix pour Marine Le Pen en mai 2017, notamment dans des territoires périurbains où les gilets jaunes ont eu un fort échos.

2. Gilets jaunes et démagogie sociale.

Cette déstabilisation politique qui s’annonce comme un fait européen peut être d’autant plus fort en France qu’il peut capter en sa faveur la protestation des gilets jaunes.

Dominique Martin, le notable de Cluses, le sait. Il enfonce la porte en usant de démagogie sociale pour mieux ré-orienter vers le nationalisme :

Les écarts sont tellement importants avec les petits pays d’Europe de l’Est, par exemple, qu’on assiste à un nivellement par le bas, à une politique de rabais social chez nous, de baisse de niveau de vie, d’appauvrissement. C’est exactement ce qu’expriment depuis plusieurs semaines les gilets jaunes, ce que nous n’avons cessé de dénoncer depuis plusieurs années au Front National. L’Union Européenne , dans son état actuel,  est surtout une machine à fabriquer de la misère.

La bourgeoisie est épargnée, le capitalisme n’est pas visé, et tout est remplacé par une lutte pour le repli nationaliste.

Cette démagogie sociale peut trouver un certain échos dans des couches sociales qui, malgré une élévation du niveau de vie, sont piégées par les crédits et hantées par le déclassement social.

Par exemple, à Scionzier, une commune où 31 % de la population est ouvrière,  le nombre de propriétaires de leur logement est passé de 1 455 en 2008 à 1 800 en 2015.

Les Gilets jaunes n’expriment-ils pas d’ailleurs la crise de tout ce mode de vie sans volonté réelle de s’en émanciper ?

C’est sur cette contradiction que Dominique Martin joue en proposant le nationalisme comme rempart à la prolétarisation à un « mouvement » qui s’est montré très attaché aux symboles nationaux.

Avec le nationalisme comme solution aux problèmes sociaux, c’est la division qui prime et la solidarité ouvrière qui s’évapore.

A la veille des élections européennes, la présence d’une telle « colère » en dehors du mouvement ouvrier ne peut que rassurer un des principaux parti d’extrême droite en pleine recomposition après son échec de mai 2017.

Pour conclure

Amédée Guy, un antifasciste de 1936 à Bonneville !

Aux élections européennes de 2014, le F.N obtenait 24, 8 % des suffrages exprimés en France.

Dans la vallée de l’Arve, il en recueillait 38 % à Scionzier, 29 % à Bonneville,  et même 23,5 % à Annemasse, ville frontalière de la Suisse dirigée par la Gauche depuis longtemps.

Dans le moment de lessivage de la Gauche par le populisme des Gilets jaunes et d’aiguisement des tensions entre grandes puissances, la probable victoire de l’extrême droite annonce de bien sombres choses… et prouve l’urgence d’unir la Gauche sur ses bases historiques.

 

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