Dominique Martin, un notable d’extrême droite.


Politique / lundi, février 11th, 2019

Dans une époque où l’extrême droite progresse partout dans le monde, et particulièrement en Europe, il est du devoir des forces de Gauche de connaître et analyser de quelle manière elle est constituée autour de soi.

Dans la vallée de l’Arve, une des figures les plus connues de l’extrême droite organisée est sans aucun doute Dominique Martin.

Né en 1961 à Scionzier, Dominique Martin est un des cadres historiques du Front National en Haute-Savoie, et particulièrement dans la vallée de l’Arve. Pétri dans les valeurs du scoutisme, il a le parcours typique de la classe dominante : Il est passé par une grande école de commerce (HEC), avant de rejoindre l’armée dans le  6ieme RPIMa (Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine).

Adhérent dès 1983 au F.N par anticommunisme et rejet de la droite républicaine, il a gravi rapidement les échelons jusqu’à devenir membre du bureau politique entre 2008 et 2018.

Élu d’opposition municipale à Cluses depuis 1989 puis conseiller dans la communauté de communes, il est également depuis 2014 député européen. Dominique Martin est bien connu pour ses coups d’éclats, ses coups de gueule beaufs typiques de certains patrons locaux.

En 2012, lorsqu’il était membre du bureau politique du parti, une vidéo tournée lors d’une réunion de formation de militants du FN révélait son goût pour la démagogie populiste.

Bien inséré dans les réseaux du pouvoir local, ce notable est au service d’une bourgeoisie dont il en connaît les ressorts grâce, entre autres, à sa fonction jusqu’à 2004 de PDG de l’entreprise familiale de chaussures ou de membre jusqu’en 1994 du bureau régional du très réactionnaire SNPMI (Syndicat National des Petites et Moyennes Industries).

Dans l’orbite du F.N, le SNPMI s’est fait connaître dans les années 1980 dans la vallée pour des violences envers des délégués syndicaux et des locaux de la C.G.T  :

La C.G.T était mal vue dans la haute vallée de l’Arve et la nuit du 9 au 10 juin 1982, des individus ont saccagé l’Union Locale. Le matin, nous avons retrouvé la vitrine cassée et du fumier et du purin avaient été répandus dans les locaux […]  Une enquête avait été conduite et les auteurs des faits avaient été retrouvés. Il s’agissait de patrons d’entreprises du décolletage adhérents d’un syndicat d’extrême droite appelé SNPMI.  Ce syndicat avait sévi la même nuit dans les UL de Thonon et d’Annemasse.

Guy Ancey, « Une vie syndicale comme une autre », 2010, p. 60

Dominique Martin s’est ainsi formé politiquement dans le moule de ce patronat réactionnaire local, dont nous avons déjà établi le panorama. 

Faire ses armes politiques dans la bourgeoisie agressive fait de Dominique Martin un militant dont la posture protestataire n’est qu’un masque d’une brutalité au service de cette classe sociale. C’est en ce sens qu’il déclare au journal Le Faucigny du 24 janvier 2019, être de la « droite nationale, sociale et populaire ». 

Malheureusement, chercher à unir ensemble le « national »  avec le « social » et le « populaire » ne peut que rappeler le fascisme historique.

Le fascisme, qu’il soit d’origine italienne ou allemande, ne fut-il pas une tentative de surmonter la crise sociale et économique par la mobilisation nationaliste ?

D’ailleurs, son activité de député européen se résume à une critique démagogique du « tavail détaché » et du « dumping social » non pas dans un but de solidarité ouvrière avec les travailleurs de l’est, mais bien plus pour diffuser le repli nationaliste et chauvin.

Il est par conséquent peu étonnant que l’on retrouve sur son ancien blog municipal une lettre de soutien d’Alain Soral,  ce militant raciste et antisémite qui se qualifie lui-même de « national-socialiste à la française » (voir le livre « Dialogues désaccordés », 2013).

A toute cette orientation politique s’ajoute une défense de l’arriération culturelle qui sévit dans les régions savoyardes. Ce ton beauf et provocateur tout autant que le port d’un chapeau orné de la fleur savoyarde l’Edelweiss en dit long sur les perspectives culturelles du personnage.

L’Edelweiss ne représente évidemment pas pour lui  le symbole de l’impérieuse nécessité de défendre la biosphère, mais bien une posture chauvine et conservatrice, dont son soutien à la dernière campagne mensongère des chasseurs est une illustration.

Malgré sa rhétorique « anti-système », Monsieur Dominique Martin ne sert pas le peuple. Il ne contribue ni à son élévation culturelle, ni à son émancipation politique.

Il n’est qu’un agent masqué de la bourgeoisie qui par une habile démagogie divise le peuple plutôt que le rassemble.

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