Grève du 5 février : une impasse politique.


Politique / mercredi, février 6th, 2019

Ce mardi 5 février était sensé avoir lieu une « grève générale » à l’appel de la C.G.T et de la F.S.U, dans l’optique d’une « convergence des luttes » avec le mouvement des Gilets jaunes. Cette proposition est un cuisant échec, avec au maximum 300 000 manifestants en France, et cela l’est d’autant plus si l’on regarde la situation dans la vallée de l’Arve.

Nous vivons dans une vallée largement composé d’ouvriers, que cela soit dans la spécialisation industrielle du décolletage, le secteur du BTP ou encore de l’hôtellerie-restauration.

Or, la grève du 5 février n’a pas touché un seul de ces secteurs économiques locaux, et même dans l’Éducation Nationale cela a été très faible.

C’est le retour à la routine syndicale, avec les quelques délégués d’entreprises qui partent à la « manif’ » d’Annecy.

Même les Gilets jaunes avaient, au moins dans la forme, un impact sur le quotidien de part l’occupation des ronds-points.

Il ne faut pas penser que tout cela est dû aux seules mentalités conservatrices d’une vallée où la classe ouvrière est éclatée dans de petites entreprises et influencée par le statut de propriétaire (héritage de l’ouvrier-paysan).

Cela a un rôle, c’est indéniable. Mais cela ne fait pas tout, car la classe ouvrière de l’Arve a également  une   expérience du mouvement ouvrier (socialiste et communiste).

Or, cette tentative de la C.G.T de capter le mouvement populiste des Gilets Jaunes a un précédent local.

En effet, le 14 décembre, l’Union Locale CGT du pays du Mont-Blanc, aidé par quelques militants insoumis et du P.C.F, appelait à se rassembler devant la permanence du député Xavier Roseren, à Sallanches.

Une quarantaine de personnes ont écouté un discours louable.  L’ancrage à Gauche fut clair, avec une citation de Jean Jaurès sur le fait que « l’acte de violence de ouvrier apparaît toujours et la responsabilité profonde et meurtrière des grands capitalistes s’évanouit dans une sorte d’obscurité ».

Faisant référence, aux gilets jaunes, il fut rappelé de manière très juste qu’il ne faut pas se « tromper d’adversaires, ni verser dans l’irrationnel ».

Mais là où se trompe la C.G.T c’est de croire que les Gilets jaunes ont « le mérite de remettre les pendules à l’heure » sur le fait que « nous sommes adversaire de classe ».

Les Gilets jaunes n’ont et ne sont pas une lutte des classes mais une implosion de la petite-bourgeoise face au déclassement. 

La C.G.T, aidée en cela par le PCF et une partie de La France Insoumise, tente de convaincre la Gauche que les Gilets jaunes ont une colère qui peut être orientée par et dans notre camp idéologique.

C’est le sens des revendications portées ce mardi 5 février, avec la rétablissement de l’ISF, la défense des services publics, une juste transition écologique…

Mais, avec à peine 600 personnes, dont environ 150 gilets jaunes, dans les rues d’Annecy ce mardi 5 février, tout cela est vain.

Les Gilets jaunes sont d’ailleurs restés en queue de cortège…

On est loin des 1 200 manifestants de l’acte IX des Gilets jaunes le 12 janvier à Annecy, et même des 2 000 manifestants le 17 novembre dans tout le département.

Les militants de Gauche qui composent la C.G.T doivent se placer devant l’évidence que rien de bon ne va sortir des Gilets jaunes.

La Gauche a tout à gagner à se démarquer de manière ferme de la confusion et du populisme diffusés par les Gilets Jaunes.

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