Les Gilets jaunes et le tourisme au ski.


Politique / vendredi, février 22nd, 2019

Disparition des insectes, destruction de zones humides, pics de pollution de l’air, autant de symptômes persistants de l’écocide dans une période ryhmée par la confusion du « mouvement » des Gilets jaunes.

Quelle est la situation dans la vallée de l’Arve ?

Comme partout ailleurs, les gilets jaunes de la vallée de l’Arve sont en perdition et naviguent à vue dans l’océan du populisme ambiant.

En effet, avec les vacances scolaires les week-end sont l’occasion de flux intenses pour le tourisme haut-savoyard.

Ainsi, lors des samedi samedi 9 et 16 février, les Gilets jaunes ont procédé à des opérations « péage gratuit », notamment aux péages de Cluses et Scionzier. Les vacanciers ont ainsi pu accéder gratuitement aux stations de ski.

Où est la cohérence d’une telle action de la part d’un « mouvement » qui prétend se battre pour la justice sociale ? On est là à mille lieux de la Gauche, tant du point de vue social que du point de vue écologique.

Il faut savoir que la plus grande partie des français ne partent jamais en vacances au ski de leur vie. Avec un coût moyen par personne de 900 €, ce n’est logiquement que 8 % de la population qui s’offre les joies de l’or blanc.

Cette couche sociale, principalement des cadres et des indépendants, ne peut d’ailleurs se payer de telles vacances qu’au maximum une fois par an, c’est dire !

Il est donc juste de dire que les vacances au ski sont un loisir de riche. D’ailleurs, en 1970, il y a eu des actions à Chamonix et à Thonon répondant à la campagne de la « Gauche Prolétarienne » baptisée « pas de vacances pour les riches ! ».

Mais, lorsqu’on est de Gauche, on se demande toujours : veut-on en finir avec un tel loisir ou faut-il en collectiviser la gestion pour permettre à tout le monde d’en profiter ?

Dans la vallée de l’Arve, personne ne peut penser à un problème sans le mettre en perspective avec la pollution de l’air. Or, les trois causes principales sont le trafic routier, le chauffage au bois et l’industrie.

Comme on peut le voir dans les stations telles que Chamonix, Megève, Avoriaz, ou le Grand Massif, beaucoup de maisons sont des résidences secondaires. On a là une bourgeoisie, volontiers internationale, qui profite quelques semaines d’un cadre traditionnel, avec ses images de chalets enneigés, de ski, et de feux de cheminée.

Faut-il rappeler l’impact détestable des stations de ski envers  la biosphère ? Il y a l’installation de canons à neige qui perturbent le cycle de l’eau, la destruction de zones humides par le bétonisation des montagnes, la perturbation de la faune et de la flore par le terrassement des pistes…etc.

Où est la cohérence des Gilets jaunes qui localement cherchent à transformer leur « mouvement » vers une mobilisation contre la pollution de l’air ?

La nature des Gilets jaunes n’a jamais été (et ne sera jamais) la bataille pour la Planète. Cela se vérifie lors du rassemblement pour la venue du préfet Pierre Lambert à l’incinérateur de Passy ce jeudi 14 février.

Les Gilets jaunes n’ont jamais été le vecteur d’une écologie.

A l’initiative du collectif Coll’Air Pur, l’appel à mobilisation fut relayé dans les groupes Gilets jaunes locaux.

Avec à peine 20 personnes alors qu’on comptait jusqu’à 500 personnes au même endroit en décembre, les Gilets jaunes de l’Arve ne sont clairement pas portés par une dimension écologique.

Au fond, ces actions « péage gratuit » illustrent que les Gilets jaunes ne comprennent rien ni de leur propre « mouvement », ni de la situation spécifique de la vallée de l’Arve.

On ne peut pas se réclamer d’une lutte contre les inégalités sociales et faciliter ouvertement la mobilité d’une classe sociale qui bénéficie directement du capitalisme. On ne peut pas se prétendre écologiste et ouvrir les vannes à un tourisme insoutenable pour la planète.

De part leurs actions, les Gilets jaunes ne sont bien qu’une crise momentanée en dehors des impératifs de la Gauche au XXIe siècle.

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