Le chaos des fins de journées sur les routes.


Ecologie, Vie quotidienne / mardi, avril 16th, 2019

Dans la vallée de l’Arve, comme d’ailleurs partout lorsqu’on est en dehors d’une ville, l’automobile est centrale dans la vie quotidienne.

Dans l’imaginaire collectif, l’automobile est associée à la grande ville. C’est l’enfer des bouchons, des ralentissements, le tumultes des klaxons. Alors qu’associée à la campagne c’est la solitude, les sorties familiales, les routes-paysages.

Pourtant, lorsqu’on regarde de plus près, on voit que les vices spécifiques de l’automobile à la ville se sont diffusés à la campagne. Dans la valléé, toute personne qui sort du travail aux alentours des 17h-18h trouvent sur son parcours des points névralgiques où les bouchons s’accumulent et la tension devient palpable.

C’est dans cet aspect central de la vie quotidienne qu’on perçoit tout le poids négatif du libéralisme et de l’individualisme.

Entre les personnes qui tentent de se frayer un chemin se pensant comme des « chevaliers solitaires » en passant par les gens agacés prêts à tout envoyer en l’air jusqu’au cycliste qui zig-zag entre les voitures, il y a là l’expression du chaos social.

Ce sont les ronds-points d’une profonde laideur qui viennent ponctuer de longues files indiennes visibles par ces feux-arrières rouges qui s’allument de manière aléatoire.

A ce titre, on se souviendra surement des Gilets jaunes comme d’une crise objective de ce mode de vie (mais sans volonté de le transformer).

Des ronds-points bien souvent construits à la va vite pour desservir telle autoroute, tel centre commercial, telle zone industrielle, comme l’illustration des choix possibles dans le capitalisme : travailler, consommer, voyager sans arrêt, sans pause authentique.

A cela s’ajoute, les comportements violents et rétrogrades, comme ces personnes qui se pensent seules au monde et négligent d’utiliser leurs clignotants dans les ronds-points.

Il y a également ces individus qui rongent impunément le « cédez-le-passage » du giratoire, dans l’espoir irrationnel que l’automobiliste déjà engagé néglige sa priorité face au « forcing » opéré.

La morale inscrite dans le code de la route s’étiole face aux  désirs irrationnels et colériques d’individus enfermés dans la civilisation de la voiture.

Dans le bouchon de la fin de journée, on rêve d’être seul sur la route, de rouler à vive allure sans aucunes contraintes : le fantasme d’un individu en dehors de la collectivité s’ancre… jusqu’à la prochaine timide avancée de bitume.

La perspective du calme de « chez soi » s’allonge : après la journée de travail, il faut encore « tenir » dans l’enfer de la route.

On prend son « mal en patience » : on écoute la radio et ses musiques répétitives ou des informations dont finalement le contenu importe peu.

A ce bruit de fond entremêlés de gaz d’échappements, de freins qui crissent, et d’autoradios, s’ajoute parfois la consommation rapide d’une cigarette dont on jette le mégot par dessus bord, comme pour mieux encaisser la pression psychologique qui vient clôturer une journée déjà éprouvante.

Le mégot par la fenêtre devient alors le symbole d’une société chaotique, dans laquelle la personnalité s’abandonne elle-même dans le tumulte anti-écologique et anti-social.

La « campagne » n’est ainsi plus que l’extension de la ville et les bouchons qui parsèment en ces fins de journées la vallée en sont le symptôme le plus visible.

C’est là l’expression d’une société qui se veut fondée sur la fluidité mais qui, sans plan d’ensemble et sans être dirigée par les valeurs de rationalité et de collectivisme, implose sur elle-même.

2 réponses à « Le chaos des fins de journées sur les routes. »

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