La signification de la percée écologiste aux élections européennes.


Ecologie, Politique / mardi, mai 28th, 2019

La question écologique a toujours eu une résonance particulière lors de l’élection européenne. Cela est normal et relève d’une démarche rationnelle : la catastrophe écologique ne peut être stoppée que par une contrainte collective à l’échelle mondiale.

En Haute-Savoie, Europe-Ecologie en la candidature de Yannick Jadot arrive en seconde position, avec 46 002 des voix, soit près de 18,13 % des suffrages exprimés, alors qu’il en rassemble 13, 47 % dans l’ensemble du pays.

Europe-Ecologie arrive en seconde ou troisième position dans la majorité des communes de la vallée, voir même carrément en tête dans quelques endroits comme à Servoz (30,9%) et à Vallorcine (22,3%). Naturellement, les scores sont bons à Chamonix avec 20, 7 %, aux Contamines-Montjoie avec 18, 6 %, à Sallanches (18,28%) et à Passy  (20,15 %).

Notons qu’au bureau populaire de Chedde-centre, Yannick Jadot arrive en tête avec 20,15% et que l’électorat populaire de Vouilloux à Sallanches lui a donné 17,8% de ses suffrages.

Dans le cœur ouvrier de la vallée, il obtient 16 % des suffrages à Thyez, 14 % à Marignier, 12, 4 % à Cluses, avec près de 12, 3 % au bureau de vote des Ewues 1 représentant 50 voix.

Au cœur d’une zone de vie impactée par la pollution de l’air et à l’avant-garde de l’écocide en cours (fonte des glaciers, hivers toujours plus courts, urbanisation incessante pour le tourisme, « été étuve », etc.) la perspective européenne de défense de la planète a trouvé logiquement un échos.

Évidemment, par l’étiquette Europe-Ecologie, Yannick Jadot fut facilement identifié par une partie de la population comme un représentant claire d’une volonté de respecter la Planète. A cela s’ajoute d’ailleurs le Parti Animaliste.

En effet, il serait bien dommage de ne pas souligner les 2 % du Parti Animaliste à Passy et à Sallanches, et même les 3, 11 % à Cluses, plaçant dans ces trois villes la cause animale avant le « Frexit » de l’Union Populaire Républicaine (UPR), « l’ Europe des gens » du Parti Communiste, et même « l’ Europe libre » de Génération.s (Benoit Hamon).

Pour un parti politique fondé en 2016 et dont les moyens militants sont faibles (2 000 adhérents), quel élan démocratique !

Il y a là un espace, bien que réduit, pour l’expression d’une sensibilité envers les animaux qui ne peut être qu’une partie de la Cause écologique en général.

Alors que le style guerrier du Rassemblement National assèche la sensibilité humaine et que le projet ultra-libéral de La République en marche la dénature, une telle expression en faveur de la Vie est un contre-feu culturel des plus salutaires.

En effet, la mise en avant des valeurs de compassion, d’empathie et de solidarité forment une barrière dans la société civile aux élans du populisme et de la barbarie.

Pensons là aux bénévoles de la SPA de Cluses, du refuge de l’Arthaz, aux volontaires qui ont aidé les crapauds à se reproduire sans se faire écraser, aux voisins qui prennent soin de quelques hérissons…

Il y a là des personnalités humaines dévouées et solidaires, de manière gratuite, aux animaux et à la Nature. Elles forment une base essentielle pour la reconstruction d’une Gauche populaire et écologique.

Mais, c’est là qu’il y a une contradiction :

Europe-Ecologie a jeté par-dessus bord la Gauche et on peine à voir ce qu’il y a en commun entre Yannick Jadot, ancien directeur médiatique de Greenpeace, et une ouvrière retraitée bénévole à la SPA.

C’est qu’en dehors de la lutte des classes, l’ « écologie politique » ne veut pas dire grand chose si ce n’est une modernisation verte du capitalisme.

Comment peut-on être écologiste sans parler du socialisme ?

N’est-ce pas la société capitaliste qui réduit tout au statut de marchandise consommable et jetable, comme par exemple ses milliers d’animaux abandonnés justement comme des marchandises ? Et comment améliorer rapidement le sort des animaux abandonnés sans une nationalisation complète des cabinets vétérinaires ?

Bref, sans se raccorder à la Gauche de rupture avec le capitalisme, l’élan écologique est dans une voie de garage, car bien trop facilement neutralisable par le libéralisme.

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