Les élections européennes et les élans vers la Guerre.


Politique / lundi, mai 13th, 2019

Dans deux semaines, le dimanche 26 mai, auront lieu les élections européennes. La campagne débute officiellement ce lundi 13 mai, visible avec l’apparition des nombreux panneaux électoraux, sans que la population ne s’y intéresse vraiment. Et pour cause !

L’élection des députés au parlement européen existe depuis 1979 et ce sont aujourd’hui 751 députés qui y siègent, représentant 28 États membres pour 508 millions d’habitants.

Mais, force est de constater qu’elle n’a jamais mobilisé les gens en France, avec des taux de participation toujours faibles. Cette faible participation n’est pas en soi un marqueur, avec une participation qui dégringole de toute manière également aux élections législatives…

 

Il faut dire tout de même que l’Union Européenne est, dès l’origine, une coopération des principaux marchés capitalistes, avec à sa tête le « couple franco-allemand ».

Ancêtre de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) créée en 1952, devenue Communauté économique européenne (CEE) en 1967, l’Union Européenne a finalement été pensée dans l’optique d’unifier le marché européen après la disparition de l’URSS.

Malgré les nombreux traités (Maastricht, Amsterdam Lisbonne), le parlement européen est un organe de consultation, avec un pouvoir législatif très limité et dominé par une Commission de Bruxelles contrôlée par les commissaires français et allemands.

Les principales forces politiques en lice : diverses stratégies d’alliance entre les impérialismes.

La République en Marche a d’ailleurs comme ligne le renforcement de cette coopération. Cela se concrétise par la proposition d’une meilleure entre-aide militaire européenne, avec une hausse des dépenses armées dans le cadre de l’OTAN, alors vue comme seule solution face aux autres puissances mondiales (Russie, Chine, USA).

Mais, dans la vallée, ce sont surtout l’Union Populaire Republicaine (UPR), le Rassemblement National (R.N) et la La France Insoumise (LFI) qui ont une activité de terrain. De ci, de là, on peut voir des affiches de ces organisations, comme aussi parfois des tractages sur certains marchés.

Ces trois organisations sont, pour l’essentiel, une variante du souverainisme ou du nationalisme.

La LFI dans la voix de Jean-Luc Mélenchon ne cesse de fustiger depuis des années l’Allemagne, appelant à une redéfinition des alliances, notamment, pourquoi pas, avec la Russie. Comment s’étonner ensuite des expressions pro-russes de la part de cadres insoumis ? Cela fut déjà le cas de Djordje Kuzmanovic, qui a depuis quitté la France Insoumise en novembre 2018.

Mais, encore récemment, Andrea Kotarac, conseiller régional de la LFI d’Auvergne-Rhône-Alpes, s’est fait remarquer à un forum international organisé en avril par la Russie à Yalta. Interrogé par le journal Le Monde, notamment sur de cadres d’extrême droite comme Thierry Mariani et Marion-Maréchal Le Pen, il a déclaré  :

« Je ne suis pas d’accord avec Thierry Mariani et Maréchal sur de nombreux sujets. Mais sur la défense de la souveraineté nationale et sur la nécessité de s’allier à la Russie, je suis d’accord »

L’UPR et son appel au « Frexit » forme un néo-gaullisme, qui ne fait pas de la question identitaire son axe principal comme cela peut être le cas pour le R.N. Au fond, l’UPR souhaite que la France redevienne une puissance impérialiste sans avoir à s’allier avec l’Allemagne.

Quant au R.N, sa stratégie est claire : elle vise la victoire électorale et l’hégémonie sur l’extrême droite, dont quatre autres listes lui font concurrencent (souverainistes de Debout la France ! et des Patriotes, et racistes de « Reconquête » de Vincent Vauclin et « La ligne claire » de Renaud Camus).

Dans un contexte national et européen propice, le R.N mise sur  l’alliance des forces nationalistes pour geler la situation européenne de l’intérieur. Cela bénéficie évidemment à la Russie qui travaille à l’affaiblissement des pays membres de l’OTAN pour favoriser ses interventions en Europe de l’est.

Avec le « Brexit » et le regain de tensions militaires dans le monde, le résultat des élections européennes risquent de renforcer les dangereuses tendances vers la Guerre.

Et finalement, dans ce contexte, au niveau de la France, il est évident que cette élection s’annonce comme une fermeture de la séquence « Gilets jaunes », dont on va pouvoir mesurer les effets idéologiques et politiques.

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