L’expression démocratique contre les tirs d’été en Haute-Savoie.


Ecologie, Vie quotidienne / mardi, mai 21st, 2019

A la fin avril, la préfecture mettait en place une consultation publique visant à autoriser, à partir du 1er juin et jusqu’à septembre, les tirs de sangliers, chevreuils et de renards. Alors que les chasseurs ont reçu du gouvernement de multiples cadeaux, la validation d’un tel arrêté marquerait une nouvelle étape dans le renforcement du front réactionnaire local.

Mais, heureusement, cet arrêté ne passe pas du tout auprès de la population, mais alors pas du tout…

Annoncée en toute discrétion, la consultation publique fut d’une durée si courte (du 9 et au 29 avril) qu’on peut déjà douter de la sincère volonté d’informer la population.

Malgré ce manque de considération démocratique, cela n’est pas passé inaperçu chez certains habitants des zones touchées par les malheurs de la chasse.

En effet, c’est dans le Semnoz, là où un joggeur fut tué par une balle de chasseur le 5 décembre 2015, que réside Nicolas Baillon, l’initiateur d’une pétition en ligne contre cet arrêté préfectoral.

Et le moins qu’on puisse dire c’est que cet habitant a soulevé un problème démocratique de fond. En à peine un mois, la pétition a atteint plus de 106 000 signatures.

Une bataille pour l’opinion s’est donc engagée et la préfecture doit donner une réponse définitive avant le 1er juin.

Alors, dans tout cela, que dit André Mugnier, le président des chasseurs de Haute-Savoie ? Il embrouille les choses et tente de relativiser.

Pour lui « cela fait 10 ans qu’il [l’arrêté – nda] existe et qu’il est appliqué. Ce qui se passe actuellement n’est qu’une demande de son renouvellement ». Mais pourquoi, le 21 avril, Monsieur Mugnier se plaignait-il dans les pages du Dauphiné Libéré que « nous sommes vraisemblablement une des seules fédérations en France à ne pas le faire » ? A ne pas faire quoi ? Le tir d’été ? Mais cela ne fait-il pas « 10 ans qu’il existe »  ?!

Bref, on est là dans l’embrouille et le mensonge typiques des chasseurs. La fédération a beau faire un site moderne et se présenter comme les premiers écologistes de France, la population des campagnes n’est pas dupe !

Le texte de la pétition est à ce titre un grand révélateur démocratique d’une population qui ne veut pas voir la « ruralité » être accaparée par des mentalités arriérées.

Car, finalement que cet arrêté soit nouveau ou un simple renouvellement, cela n’empêche pas qu’une grande partie des gens ne veut plus de ces pratiques néfastes pour la Nature.

Si le texte rappelle l’évidence des dangers de la chasse pour les balades en famille, les randonneurs, les cyclistes, ravivés depuis les drames du Semnoz et de Montriond, il va justement plus loin :

Toutes les autres espèces, en particulier les oiseaux, dont certaines espèces emblématiques protégées présentes en Haute Savoie, seraient affectées par les nuisances des tirs d’été (bruit, déstabilisation des écosystèmes).

A l’heure où les scientifiques alertent sur la chute dramatique de la biodiversité en France, y compris pour des espèces pourtant communes, cette décision d’extension de la chasse semble presque incongrue, tant il paraît évident qu’étendre les périodes de chasse nuit à la faune sauvage.

Du reste l’argument scientifique n’est même pas repris par le président de la fédération 74 de chasse pour qui l’objectif est avant tout éducatif […]

Alors mobilisez-vous, ne soyez pas indifférents, signez la pétition pour convaincre le Préfet de Haute Savoie de revenir à la voie de la sagesse en retirant ces projets d’arrêté pour relancer une véritable concertation sur les usages de la nature en sécurité, dans le respect de la faune sauvage et des pratiques du plus grand nombre.

Cette pétition est le témoin de l’émergence, au cœur des zones rurales, d’une conscience écologique populaire qui refuse d’être prise entre le marteau des réactionnaires et l’enclume des « anti-spécistes ».

Dans ce contexte, si la préfecture valide la chasse à tir d’été, elle confirmera sa nature d’organe de défense des intérêts réactionnaires. De la même manière que si elle la rejette, il y aura là une victoire démocratique salutaire !

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