Marnaz : Tia, « No Friends, No love ».3 min read


Vie quotidienne / vendredi, juin 7th, 2019

Tia est une artiste, musicienne et chanteuse française qui interprète des morceaux de style blues, folk depuis 2002 et maintenant dans le monde entier.

Elle évolue en formation ou en solo, et depuis 2018 elle est une des première française à être invitée à jouer au Mustique Island Blues Festival par le fameux Joe Louis Walker.

Nous découvrons ici son récent album solo Lil’ Bird et en particulier le morceau No Friends, No Love, écrit par Don Cavalli, un musicien qui a gardé un pied dans le travail ouvrier pour alimenter sa musique de manière authentique.

Nina Simone

La chanson ne va pas sans rappeler Ain’t Got No, I got Life de Nina Simone, grande chanteuse de blues qui a inspiré des générations de musiciens. Son morceau est une ode à la liberté.

En effet la musique blues est profondément marquée par le mouvement des peuples afro-américain vers la liberté, avec le fleuve Mississippi comme feuille de route. En partant du sud, où il n’y avait pas de droits pour les personnes noires, vers le nord, promesse d’émancipation.

C’est un style qui découle de cela et vise à exprimer les déboires personnels dans la quête d’une vie digne.

Le style s’est répandu dans le monde entier donc lorsqu’un franco-italien écrit une chanson de blues, il n’y a forcément pas la même teneur historique.

No Friends, No Love semble être un dialogue entre un solitaire sans attaches, le vague à l’âme, et quelqu’un tentant de l’aider à trouver la stabilité, à nouer des liens avec autrui.

Il faut remarquer qu’en France, il y a la représentation de l’artiste avec un mode de vie instable,  un esprit qui serait «divergeant», inadapté au mode de vie «normal»  en société. Le thème du voyage y est central, mais dans un cadre tout à fait individualiste et non pas lié à une recherche d’émancipation collective.

À la personne toujours «en vadrouille» qui prend ce qu’il a à prendre sur son chemin mais sans jamais donner en retour (« I take and I go – I can’t settle down »), il est répondu dans la chanson que l’amitié est nécessaire. Que quand on prend, il faut aussi savoir donner et qu’il n’y a pas d’amour sans cela (« You gotta share, as long as you live – You gotta take and also you gotta give »).

On a là donc une réflexion sur l’importance de l’engagement et de l’honnêteté dans les rapports humains.

L’auteur de la chanson, Don Cavalli, est bien placé pour un tel propos, puisque jusqu’à l’âge de 42 ans il refuse d’entrer «dans le circuit artistique habituel» et préfère rester un travailleur, partageant la vie des gens pour trouver une source d’inspiration.

Alors que le refus de l’attachement et la fuite dans le voyage est une chose répandue dans la population, la chanson «No Friends, No love» est une expression du blues sur un phénomène de société très actuel.

Mais, le meilleur moyen de réfléchir à tout cela reste encore d’aller écouter Tia and the Patient Wolves ce soir pour la première soirée des Nuits Blues de Marnaz.

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