1970 : quand les autorités parlent de la pollution de l’air.


Ecologie / mardi, juillet 9th, 2019

« La nature n’en peut plus » est une synthèse issue du rapport du Comité français d’organisation de l’année européenne de la nature.

Rédigée en 1970 par le journaliste scientifique Nicolas Skrotzky (1918-1998), ce rapport fut à la base de la formation du premier Minisitère de l’environnement en janvier 1971.

Avec près de douze chapitres sur les différentes pollutions (air, sol, océans), le document témoigne d’une juste compréhension des dynamiques de la biosphère. Dans la conclusion « L’Homme demain », il est affirmé de manière très juste :

A une politique désordonnée de gaspillage, à une véritable rapine, doit se substituer une organisation globale basée sur une connaissance parfaite des conditions de l’environnement. […]

Les cités, le milieu rural, les industries, les zones de loisir, les parcs ou réserves seront réparties selon une planification cohérente. Les espaces naturels seront distribués non pas comme des accessoires de luxe, mais comme des éléments vitaux […]

Si les hommes ont droit à ce bien commun qu’est leur habitat, leur air, leur eau, leur sol, ils ont le devoir de le protéger. […] Ce sont des propriétés, des patrimoines, de l’ensemble de notre planète Terre

Avec 7 millions de décès prématurés liés à la pollution de l’air, dont 80 dans la vallée de l’Arve, et un million d’espèces vivantes menacés d’extinction, on se dit qu’il est bien tard pour se rectifier.

Il est vrai que la prise de conscience arrive tardivement et que les changements vont être d’une très grande ampleur et très douloureux.

Car il n’est jamais « trop tard » car comme le dit l’adage populaire « mieux vaut tard que jamais ». Dans tout crime, il faut assumer ses responsabilités, se rectifier et éviter que le mal causé ne soit plus grand qu’il ne l’est déjà.

Remarquons enfin que si l’impact mortifère de notre mode de vie sur la Nature était globalement compris à cette époque, la perspective politique n’était pas du tout à la hauteur de l’enjeu.

Le document est en effet supervisé par Jacques Duhamel, ministre de l’agriculture, qui dit avoir « toute confiance » dans « le paysan français » « pour la protection de la Nature » ou qu’il faut « user, mais ne pas abuser » des pesticides.

Rien ne pourra avancer dans le bon sens s’il n’y a pas une rupture franche avec le libéralisme, tant économique que culturel. Voilà la tâche de notre époque pour sauver la planète !

Voici donc le chapitre « Votre ration d’air » (cliquez sur l’image) :

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