De la nécessité de s’opposer à la Guerre.


Politique / vendredi, juillet 5th, 2019

Avec la guerre au Yémen et en Syrie mais aussi le regain de tensions entre grandes puissances, l’industrie de l’armement en France doit être au centre des questionnements de la Gauche.

Dans un élan de solidarité, les dockers de plusieurs ports de France ont refusé de charger des navires d’armes à destination de l’Arabie-Saoudite. Cela montre bien que lorsque la classe ouvrière le veut, elle peut dresser de véritables obstacles contre les agissements délétères de la classe dominante.

Dans la société capitaliste, la Guerre est le résultat inéluctable de la conquête de débouchés politiques et économiques pour les grands monopoles.

Historiquement on a pu voir que « l’effort de guerre » entre 1914 et 1918 a ouvert une vaste opportunité pour les industriels locaux et une partie des (vieux et qualifés) ouvriers qui ont vu leurs salaires augmenter. La richesse des uns s’est bâtie sur  l’angoisse et la mort des autres.

Mais, alors, est-ce seulement quelque chose du passé ? Une nécessité passagère ? Ou bien y a t-il un savoir-faire et des intérêts qui se sont installés sur la durée ?

Forcément, la reconversion de l’horlogerie vers le décolletage « grâce » à la Guerre et aux commandes d’Etat s’est sédimentée.

Dans les usines locales, de nombreuses pièces destinées à l’armement passent encore entre les mains des ouvriers.

Action contre la guerre chez Socapex à Thyez (1991)

Par exemple, 70% du chiffre d’affaire pour d’Amphenol Socapex provient de l’industrie de guerre et de ses dérivés. C’est un marché en augmentation, puisqu’au début des années 1990, c’était 50%.

Quand cela se sait, il n’est pas toujours facile de faire le travail, avec des salariés qui changent de ligne de production et refusent de traiter ces pièces. D’ailleurs, au moment de la guerre du golfe, des débrayages anti-guerre avaient même eu lieu.

Dans cette industrie, tout devient opâque car chacun sait combien l’armement et la guerre sont des choses anti-populaires.

Chez JCM décolletage à Sallanches (balles de famas).

Il est donc souvent impossible de savoir pour quelle destination les pièces sont produites.  C’est une manière de forcer les comportements au conformisme capitaliste, à l’étouffement des valeurs de dignité et de paix portées par certaines ouvrières et ouvriers.

Pourtant, on trouve tout de même la notion de « défense » dans de nombreux sites d’entreprises de décolletage, avec parfois la présentation des pièces produites pour le secteur.

Pour se rassurer, on se dit souvent : les dirigeants ne commettrons pas les mêmes erreurs que dans le passé. Or ce n’est pas une question « morale ».

Le premier moteur du capitalisme, c’est de maintenir un certain niveau de profits pour pouvoir toujours ré-investir, et grandir, grandir, grandir… L’armement est un des secteurs qui permet un maintien de taux élevés de profit.

Le problème est que la Guerre de conquête qui alimente la secteur de l’armement ne peut que déboucher, à long terme, sur la guerre généralisée.

Pourquoi ? Parce que chaque grande puissance est impliquée dans ce genre de « petites » guerres régionales pour s’assurer des débouchés et des aires d’influence. Il y a donc un processus incontrolable.

La Gauche doit bien saisir cela, ne pas céder aux sirènes du patriotisme et travailler à un mouvement contre la Guerre.

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