La rénovation du quartier des Ewües : pour quel espace populaire ?


Vie quotidienne / mardi, juillet 30th, 2019

Le quartier des Ewües à Cluses est au centre d’un programme de rénovation de l’habitat qui répond à un problème de vétusté et de copropriétés.

Les Ewües au début des années 1960

Construit en 1962 pour accueillir une main d’œuvre immigrée, les Ewües est un des plus importants quartiers HLM de Haute-Savoie (3 500 habitants).

Avec une absence de rénovation depuis une vingtaine d’années, de nombreux immeubles HLM sont devenus des copropriétés avec de nombreux impayés. Cela a eu pour conséquence un manque d’entretien des parties communes et des problèmes de chauffage (géré par la filiale d’EDF, Dalkia).

Cela est le résultat d’un laisser-aller, soit parce que les propriétaires ne vivent pas dedans, soit parce les propriétaires vivent dedans mais considèrent cela comme un logement « de passage » car ils épargnent pour accéder à un pavillon.

Dans ce climat, l’idée de construire de nouveaux logements et de faire une rénovation énergétique d’autres bâtiments est une bonne chose, même si l’on peut craindre l’augmentation des loyers avec des difficultés pour les foyers les plus précaires.

Dans cet élan, la rénovation urbaine va également impulser des structures pour aider à l’intégration des jeunes dans le travail, une restructuration du supermarché, un nouveau complexe sportif.

Travail, consommation, sport, mais quelle intervention au niveau social et culturel ? Comme dans n’importe quel quartier populaire, une partie de la jeunesse est facilement désœuvrée avec une volonté de trouver une vie positive.

Au fond, que cherchent les jeunes ? Ils aspirent à s’amuser, à être pris au sérieux, à développer des valeurs morales, à échanger avec des plus âgés et à être à la pointe de la modernité.

Pour satisfaire ces besoins, il faut des espaces démocratiques sinon on laisse s’installer la rancœur et l’ennui qui sont le terreau des idéologies rétrogrades.

Ce manque d’espaces est un véritable problème qui inquiète les parents, ceux-ci se sentent délaissés face à la place que peuvent prendre les consommations de drogues (tabac et alcool en tête) mais aussi celles des réseaux illegaux.

Il y avait pourtant une Maison des jeunes et de la culture (MJC) au niveau de l’Atelier. Et aussi un cinéma de deux salles dans les années 1990 au centre-vie des Ewues I. Pourquoi n’est-ce plus le cas ?

L’Atelier semble être une structure en dehors de la vie de quartier. Ce n’est pas une maison de quartier, ouverte au quotidien pour les habitants, avec par exemple des activités ludiques comme des babyfoot, des jeux de cartes, des possibilités d’échanges posés avec des adultes, etc.

Or, lorsqu’on voit les nombreux locaux vides au rez de chaussé des bâtiments, il y a objectivement des choses possibles à mettre en place rapidement.

Il y a bien quelques « city stades », mais tout le monde ne joue pas au football. Il y a bien quelques bancs mais dans des parcs qui semblent laissés à l’abandon.

Des jardins sur l’exemple de des Jardins partagés et solidaires serait ainsi une proposition permettant d’unir les gens autour de l’écologie sur une base de solidarité et de collectivisme.

Mais, évidemment, pour que des initiatives soient réellement démocratiques, il faut une impulsion d’en bas qui soit reliée directement aux habitants du quartier.

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