Les cristalliers, les minéraux, la matière.


Ecologie, Vie quotidienne / mardi, août 6th, 2019

Inspiré par Anaxagore, le scientifique Antoine Lavoisier a affirmé que « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Cette affirmation, devenue populaire, est également un grand marqueur idéologique à Gauche.

C’est l’idée que Dieu n’existe pas (rien n’a été « créé ») et que rien n’est fixe, immuable. Ce matérialisme (au sens de la matière en mouvement) est à la base de la science.

À ce titre, le massif du Mont-Blanc est un laboratoire qui nous permet d’observer un phénomène magnifique, ludique et pédagogique de ce principe : les minéraux et les cristaux.

Les cristalliers sont des chercheurs de cristaux qui, pour cela, explorent la montagne à la recherche de ce qu’on appelle des « fours ».

Si on peut critiquer le fait de faire des collections qui restent dans le cadre privé ou vont alimenter un commerce prospère, cette pratique est formidable lorsqu’elle a une portée scientifique et démocratique.

L’activité est répandue dans le massif du Mont-Blanc, car sa roche granitique est composée de quartz, qui remplie les cavités de la roche sous forme de cristaux.

La roche granitique dans la massif du Mont-Blanc

Il s’agit de cavités qui se sont formées il y a des milliards d’années, lorsque la croûte terrestre a percé l’océan, formant les montagnes.

Les cristaux apparaissent dans ces cavités selon des conditions, spécifiques certes, mais variées ! Il y a donc de très nombreux types de cristaux selon les conditions particulières géologiques.

En effet, l’étude du phénomène cristallin nous dit beaucoup concernant la matière.

D’une part, qu’elle n’est pas statique, puisqu’un cristal « pousse » sous l’effet combiné de plusieurs éléments (température, pression, éléments présents sous forme gazeuse, liquide ou solide), d’autre part, qu’elle n’est pas détachée de la matière vivante puisqu’elle est soumise aux mêmes lois de la chimie.

Plus des cristaux sont récents, plus ils sont complexes.

Histoire géologique du Mont-Blanc

Le quartz compose 12% de la croûte terrestre. Lorsqu’il prend la forme de cristaux bien visibles à l’œil nu, c’est qu’il est le résultat d’une opération chimique sur le long terme et à très basse température. D’autres types de cristaux, liés aux éruptions volcaniques et magmas vont, eux, profiter de hautes températures sur le temps court.

Les nombreuses formes et couleurs que peuvent prendre les cristaux sont donc un bon moyen de se rendre compte que la matière est mouvante, faite de combinaisons mais gardant globalement les mêmes éléments.

Ainsi, la violette Améthyste n’est autre que du quartz contenant des traces de fer, la jaune Citrine, du quartz contenant du dioxyde de fer, les quartz fumés, sont le témoin d’une radioactivité naturelle des roches environnantes.

Améthyste, citrine, quartz fumé

En étudiant les cristaux et, en général, les minéraux, nous comprenons mieux le cheminement de Vladimir Vernadsky.

Ce scientifique soviétique élabora en 1926 le concept de biosphère, notamment grâce à ses premières études approfondies sur les minéraux. En partant des minéraux, il a saisi au mieux la matière et a pu comprendre les conditions écologiques nécessaires à la vie sur Terre.

Le musée des Cristaux à Chamonix

Dans un but pédagogique et familial, le musée des Cristaux de Chamonix offre une belle manière de découvrir cela. On peut ensuite, au détour d’une balade s’émerveiller de pouvoir se dire « si ce rocher brille, c’est grâce aux micro-cristaux de quartz qui s’y sont formés depuis des milliards d’années, jusqu’à nos yeux avertis ! »

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