Plan pour le Mont-Blanc : des mesures pour sauver l’industrie touristique


Ecologie / samedi, août 10th, 2019

« Mont-Blanc : les 7 mesures annoncées pour lutter contre les effets du réchauffement climatique en montagne » titrait hier un article de France 3 -Régions.

Tout peut se lit dans le titre : la communauté de communes de Chaminox établit un plan contre « les effets » et non pas contre les sources du réchauffement climatique. C’est dire dans quel état d’esprit mortifère continue d’évoluer la bourgeoisie chamoniarde.

En effet, il est prévu un budget de 32 millions d’euros pour rénover des refuges et de sécuriser leurs accès, une ouverture plus longues de certaines remontées mécaniques, un programme scientifique qui ne représente que 4 % du budget, c’est dire !

Bref, on se précipite « drêt dans l’pentu » pour continuer à faire du Mont-Blanc un marché pour l’industrie touristique. La visite du Mont-Blanc ne sera bientôt plus qu’un vaste mensonge, avec des montagne rafistolées, des bulles de confort et d’illusion avec des visiteurs consommant tout cela et ne se posant aucune question.

La pratique de la montagne, de plus en plus attractive, se solde par la fréquentation de gens venant des quatre coins du globe, prenant l’avion (8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre) comme on prend la voiture et par l’altération des écosystèmes. Que dire, par exemple de la file sur la randonnée du lac Blanc (ci-contre) ?

A cela s’ajoute l’augmentation de la population dans la vallée avec une forte fréquentation des pistes de ski l’hiver et des sentiers l’été, sans même parler des virées en hélicoptères proposées par certains Comités d’Entreprises à leurs salariés.

Dans la situation de réchauffement climatique (+ 2°c dans les Alpes depuis 1930) et d’écocide (pollutions diverses, sécheresses, terrassement des pistes de ski…) le massif du Mont-Blanc est, ni plus, ni moins, en train de s’effondrer.

>> Voir aussi : Chamonix : de la techno dans les montagnes

Depuis le début de l’année, on compte près de 70 éboulements, un chiffre très élevé par rapport à la moyenne et lundi 22 juillet deux alpinistes ont trouvé la mort à la suite d’un éboulement. Cela est engendré par le réchauffement en profondeur de la roche gelée, ce qu’on appelle le permafrost, sorte de ciment des montagnes.

>> Voir aussi : « Le dérèglement climatique s’intensifie dans les Alpes »

Dans ce contexte, la moindre des choses serait de décider qu’on ne peut plus faire ceci ou cela, qu’il faudrait renoncer à certains usages de la montagne, notamment pour les animaux sauvages qui voient leur habitat disparaître en plus d’être perturbés par les activités festives, la pollution lumineuse, l’étalement des humains…

Ne faudrait-il pas faire preuve de sagesse et d’humilité et procéder à une sanctuarisation de ce joyau de la nature ?

La sanctuarisation est la seule manière de laisser la nature revenir à elle-même et, en lien avec un projet pédagogique, elle peut être un outil démocratique majeur pour éduquer les futures générations. Mais cela passe, et passera forcément par une lutte de classe contre l’industrie touristiques et ses vastes relais politiques…

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