Microplastiques dans les Alpes : quelles leçons tirer ?


Ecologie, Politique / mardi, août 20th, 2019

Ce mercredi 14 août, une étude de l’Institut suisse de recherche sur la neige et les avalanches a révélé la présence de microplastiques dans la glace de l’Arctique et dans la neige de massifs alpins suisses et allemands. C’est là une nouvelle preuve, s’il en fallait encore, de l’impact délétère de notre mode de vie sur des écosystèmes éloignés des sources directes de pollution.

L’explosion de la production plastique (396 millions de tonnes en 2016 contre 2 millions en 1950) a comme revers tragique sa dégradation dans les rivières et les fleuves, puis dans les océans sous le poids des ultra-violets mais aussi des vagues et des propriétés chimiques de l’eau.

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Certains microplastiques, d’une taille d’un cheveux (5 microns), se trouvent alors transportés dans l’air puis finissent par s’agréger aux cristaux de glaces lors d’épisodes neigeux. Avec la fonte des neiges, ces déchets ruissellent dans les fleuves et les rivières jusqu’aux océans et ainsi de suite dans un cycle délétère.

Microplastiques découverts par les chercheurs

Lorsqu’on a saisi le principe de Biosphère, c’est-à-dire le principe comme quoi tout est inter-relié dans la nature (y compris, l’être humain comme animal spécifique) cela n’est facilement pas si étonnant. De la même manière qu’il est peu surprenant que les chercheurs aient constaté la concentration importante de ces déchets dans les glaces du Nord et les massifs alpins.

En effet, les cycles géochimiques de la biosphère se fondent sur des échanges précis entre la lithosphère, l’atmosphère et l’hydrosphère.

Ainsi la recherche scientifique vient-elle rappeler, encore une fois, les enseignements avant-gardistes émis dans les années 1920 par Vladimir Vernadsky. L’être humain a une influence géologique déterminante sur la Terre et son activité laisse des traces sur l’ensemble de la Planète du fait de sa totale intégration à ces échanges naturels.

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L’être humain prend conscience ici de sa pleine appartenance à la nature de façon bien dramatique.

Car, d’un point de vue bio-centré, il faut bien voir l’écocide que cela entraîne directement sur la vie végétale et animale puisque ce plastique se retrouve aux deux pôles fondamentaux des cycles géo-chimique terrestre (océans et précipitations alpines).

Or, c’est à proximité des cours d’eau alpins, des zones humides des vallées qu’une riche vie se déploie. Ces microplastiques viennent ainsi se confondrent et purturber les nutriments élémentaires à la faune et la flore locale.

En « redéposant » ces microplastiques en grandes quantités dans les massifs alpins (au centre du cycle mondial de l’eau), la biosphère nous « rappelle » que nous ne sommes pas à la hauteur des règles de fonctionnement de notre habitat.

En effet, la biosphère ne se soucie pas des Nations et des frontières, elle est un mouvement général qui « régule » ses éléments naturels en son sein. Les résidus plastiques mondiaux non recyclables sont alors « naturellement »  absorbés et  digérés par les cycles géochimiques terrestres.

Il est temps que l’être humain prenne acte qu’il n’est pas en dehors de la nature comme amène à le penser la vieille tradition philosophique opposant Nature et Culture (société).

Nous devons assumer notre statut social d’être naturel dans un projet politique, celui de bâtir un gouvernement mondial organisant la production de manière planifiée, collective et harmonieuse avec et dans la Biosphère.

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