Les coins secrets à champignons et myrtilles


Vie quotidienne / mardi, septembre 3rd, 2019

À la faveur de la fin de l’été, nombreuses sont les personnes montagnardes qui aiment se livrer à la cueillette des myrtilles, puis des champignons jusqu’à l’approche de l’hiver.

Les myrtilles adorent les versants sud, la proximité de la forêt, protectrice d’un trop fort ensoleillement.

Les myrtilles font partie des « super-fruits », elles renferme de nombreuses propriétés comme la présence de vitamines. Elle est aussi un des fruits les plus riches en antioxydants. Elles sont appréciées notamment des renards.

Le mycélium

Quant aux champignons, ils jouent un rôle essentiel dans la décomposition de la matière organique. Ce sont eux-mêmes des organismes à différencier des plantes. Ils s’étendent dans les sols sous forme de mycélium, des ramifications filamenteuses qui sont interconnectées avec les racines des plantes et permettent des échanges de nutriments.

Le champignon est donc la partie émergée de tout un réseau souterrain. Il est très sensible à son environnement et accumule les polluants comme les métaux lourds, à tel point  d’être un outil de mesure de ces polluants.

Selon les espèces, les champignons vont préférer la proximité de certaines essences d’arbre, de mousses ou d’une couverture de feuilles mortes, une certaine acidité du sol etc.

Pour faire une belle cueillette, il faut donc des conditions particulières qui peuvent être aléatoires, surtout concernant les champignons.

Pour les endroits propices qui se trouvent près des routes, des chemins de randonnée, avec le passage des promeneurs, peu de chance de faire une belle cueillette. On sort alors des sentiers battus et on trouve son coin idéal «préservé».

De là vient la tradition de protéger « ses coins » comme un trésor et de ne pas livrer leur emplacement, même à ses amis, même parfois à la famille !

Derrière le plaisir solitaire de faire une récolte en étant proche de la nature, il y a une forme d’appropriation, de privatisation de celle-ci.

En effet, lorsque l’on ne veut pas partager un « coin » à myrtilles ou à champignons, c’est qu’on veut avoir l’exclusivité sur ce qui y pousse. Nous développons donc une mentalité de propriétaire qui ne pense la nature qu’à travers un bénéfice maximum et s’arroge des droits égoïstes. Pas seulement par rapport à la collectivité, mais aussi par rapport à la biosphère.

La ramasse au peigne (ou riffle), un désastre.

Et que dire de la pratique de la ramasse au peigne qui mutile les plantes ? Ou également du fait de couper au couteau le champignon, ce qui amène un risque de moisissure et de contamination du mycélium, au lieu de l’arracher et de garantir une repousse ?

Que voulons-nous dire par là ? Ce n’est pas la cueillette de champignons et de myrtilles qui pose problème, cela va de soi !

Ce qui pose problème c’est cette relation unilatérale que l’on a avec la nature. La société fondée sur la propriété privée génère des activités individuelles sans aucun encadrement collectif et aucun travail pédagogique.

On s’arroge des droits, sans se poser aucune question, sans réfléchir à la dynamique des écosystèmes, comme si prendre à la nature allait de soi… On voit là, au cœur de la vie quotidienne, que socialiser les choses est une nécessité brûlante afin de rendre durable et harmonieuse cette pratique.

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