Les divertissements avec engins à moteur : la culture au rabais


Vie quotidienne / vendredi, septembre 27th, 2019

Dans notre région, l’été voit fleurir dans nos communes différents événements « culturels » ou « populaires ». Certains, dans les villes de bas de vallée, sont à l’intention des habitants, d’autres, dans les stations d’altitudes, sont tournés vers les touristes afin de générer des retombées économiques.

Malheureusement, beaucoup de ces programmations sont très contestables tant elles expriment une conception condescendante des élites politiques sur la place de culture dans notre vallée.

L’événement du Fun Car de Passy, est typique de cette tendance au nivellement vers le bas.

Passy est une ville dortoir qui souffre d’un manque cruel de propositions culturelles, notamment à destination des jeunes. Si l’on est pas inscrit dans un club de sport, les loisirs se résument au centre commercial.

Les événements proposés mettent au premier plan la voiture.

Le fun car à Passy est un des événements phare de la saison. Cette compétition entre voitures préparées pour un affrontement dans une sorte d’arène.

Aussi, à la fête d’automne de Cluses, l’après-midi sera l’occasion d’une démonstration de cascades automobiles.

Dans cette même ville, le bar « l’Ours », exposent des pick-ups américains, relevant de ce goût obscène pour la démesure des véhicules dominateurs.

La mairie de Chamonix organise également chaque année le Tour du Mont-Blanc en voiture de sport. Plus de 70 véhicules et leurs pilotes se donnent rendez-vous pour une pseudo « randonnée » autour du Mont-Blanc. 400 km de circuit avec restaurant inclus.

Quelle déformation des choses que de parler de « randonnée » alors que cela signifie d’une point de vue étymologique la marche et la course à pied.

Comment tolérer ce genre d’activités qui sont le symbole de loisirs délétères, souvent portés par des personnes aisées, dans un environnement qui s’effondre (70 éboulements imputables au réchauffement cet été) ?

>> Voir aussi : qu’est-ce que la civilisation de la voiture ?

Enfin, le plus impressionnant en terme de fréquentation, ce sont les Harley Days à Morzine, durant lesquels près de 20 000 engins motorisés et 60 000 spectateurs se réunissent dans la station savoyarde.

Il s’agit pour la commune de générer un maximum de profit, en utilisant l’imagerie romantique et sulfureuse de la Harley Davidson. La moto Harley est le symbole, un peu poussiéreux, de la contestation rock’n’roll des années 1960.

Or, justement nous ne sommes plus en 1960 !

Aujourd’hui, la seule image véhiculée c’est celle d’une virilité exacerbée, sans parler du bruit que cela amène, ainsi que les stands ornés de chauvinisme nationaliste… Certains allant même jusqu’à justifier cela par leur goût de la nature !

Que penser de toutes ces propositions, si ce n’est qu’elles relèvent d’une vision populiste sur la place de la culture dans les zones populaires ?

L’horizon culturel proposé aux gens c’est la voiture, pilier de notre société de nuisances, des dramatiques accidents de la route jusqu’aux émissions de gaz à effet de serre en passant par la destruction d’animaux sauvages.

>> Voir aussi : ce que révèle la limitation de vitesse à 80km/h

Ces événements sont non-seulement aliénants mais sont aussi en complet décalage avec les enjeux de protection de la biosphère.

En fait, « Se cultiver » est synonyme d’enrichissement, d’amélioration, de perfectionnement, et force est de constater que ces événements ne nous font pas progresser d’un iota.

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