Habitat : combattre la mentalité pavillonnaire !


Ecologie, Politique, Vie quotidienne / mardi, octobre 8th, 2019

Dans la vallée de l’Arve où l’emploi est dynamique et l’attractivité de la Suisse palpable, les zones pavillonnaires éclosent à vitesse effrénée.

La Gauche doit pourtant dépasser cette mentalité du pavillon pour de nombreuses raisons.

Premièrement, en tant que propriété privée, la maison individuelle distille le poison de l’individualisme, le désir de capitaliser, de toujours plus enrichir son espace égoïste au détriment de la collectivité.

Cet individualisme est d’autant plus renforcé qu’un pavillon s’achète souvent grâce au crédit, cette « merveille » du capitalisme pour acheter la paix sociale. Tout pousse à vouloir cela, des prêts patronaux aux « recommandations » du conseiller bancaire en passant par les conseils d’amis.

Lorsqu’on a sa maison individuelle, on dresse ses haies, ses barrières, son portail, son mur entre soi et les autres. Il s’agit ici de la base d’une société ne vivant justement pas en société, mais plutôt dans la méfiance et la concurrence.

C’est ainsi que s’érigent des mentalités fondées sur la réussite égoïste ou alors sur la rancœur et le mépris.

La Gauche ne peut pas comprendre le renforcement de l’extrême droite sans analyser comment la mentalité du pavillon détruit les solidarités collectives, déjà terriblement faibles au travail.

Ensuite, remarquons comment le pavillon est une véritable catastrophe écologique puisqu’il se multiplie dans l’étalement urbain, à l’ombre des extensions des zones industrielles et commerciales.

Le rêve pavillonnaire, c’est l’engloutissement de plusieurs mètres carrés de nature alors qu’il existe de nombreux logements vacants, sans même parler de ces innombrables résidences secondaires destinées aux plus riches…

Alors il vrai qu’avoir sa maison, cela a des avantages : on peut s’offrir un petit jardin pour ses enfants, un potager pour quelques légumes, une petite terrasse pour se détendre, une place de parking garantie pour sa voiture.

Mais justement, c’est là qu’on voit la capitulation devant l’idéologie capitaliste. On s’offre un confort totalement artificiel, sans âme car comment se réjouir d’un jardin érigé sur un terrassement destructeur ?

Il faut plutôt s’émerveiller de la nature dans une forêt, devant une zone humide ou un lac.

Quant à la place de parking pour la voiture, il s’agit plutôt de viser une société sans voitures tant elles représentent l’écocide et un état d’esprit d’agressivité anti-social. Or, l’éparpillement des pavillons n’est vraiment pas la meilleure perspective pour organiser un réseau de transport en commun efficace…

Enfin, alors que le pavillon enferme les gens sur eux-mêmes, le logement collectif favorise les sociabilités et une mentalité tournée vers la collectivité.

Imaginons plutôt une société délivrée de cette propriété privée corrosive et qui se construirait sur des valeurs de collectivisme et de planification.

On éviterait de construire à « tout bout de champ » en privilégiant l’occupation des logements vides déjà existants, en réquisitionnant les résidences secondaires, au moins la partie de l’année où elles sont inhabitées. On sanctuariserait des espaces naturels dans le cadre des P.L.U.

Et surtout, on repenserait la vie avec des logements collectifs à taille humaine organisés de manière harmonieuse avec la nature et la collectivité, comme par exemple une gestion solidaire d’espaces communs où l’on pourrait trouver des potagers, des petites bibliothèques, des lieux d’échanges…

2 réponses à « Habitat : combattre la mentalité pavillonnaire ! »

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