Le non-sens des aires de covoiturage


Vie quotidienne / vendredi, octobre 11th, 2019

Dans une vallée minée par une pollution de l’air chronique, le second Plan de Protection de l’Atmosphère souhaite améliorer la mobilité. Seulement voilà : avec la bourgeoisie aux commandes de la société, cette amélioration relève d’une solution pragmatique absurde.

Si l’on regarde le second document du Plan de Protection de l’Atmosphère signé par le préfet au mois d’avril 2018, on constate une occurrence de 30 fois le mot «covoiturage», 25 fois «voiture», 22 fois «train», 20 fois «bus» et enfin 3 fois «transports en commun».

Ainsi, les autorités envisagent de modifier surtout les comportements individuels liés à la voiture :

« Les alternatives à l’autosolisme seront encouragées, par le développement des substituts à la voiture personnelle (stop organisé, covoiturage, autopartage, etc)  »

Une des mesures transversales visant à « changer les comportements, proposer des alternatives à la voiture et massifier le covoiturage » est ainsi de « promouvoir un maillage de parkings de covoiturage éventuellement à des échelles plus adaptées à l’habitat diffus ».

>> Voir aussi : Qu’est-ce que la civilisation de la voiture

Comme nous le disions à propos de la prolifération des pavillons, il est évident que la voiture ne peut être que le prolongement de la mentalité pavillonnaire. Seule la généralisation de logements collectifs peuvent aider à la planification de transports en commun.

Les autorités ne comptent donc que sur le changement individuel avec une déresponsabilisation de la société toute entière. De plus, promouvoir le covoiturage ne fait que renforcer l’étalement urbain, avec une excroissance de parkings envahissants aux abords des villes dortoirs.

C’est là que l’on voit que la mentalité de la bourgeoisie est bien loin des enjeux de notre temps.

En effet, la voiture ce n’est pas seulement l’émission de particules fines, c’est aussi l’écocide avec ses animaux fauchés, ses routes bitumées et son enfermement individualiste.

>> Voir aussi : ce que révèle la limitation de vitesse à 80 km/h

L’état d’esprit des dominants relève d’une démarche froide et pragmatique : un problème, une solution ; une cause, une conséquence. Rien n’est pensée dans son ensemble, dans ses liaisons, dans sa complexité.

La nouvelle aire de covoiturage à Passy

Car le constat est juste : la voiture est un des problèmes écologiques centraux de notre époque. Mais si la cause du problème est la voiture, c’est bien la cause elle-même qu’il faut changer, transformer, dépasser.

>> Voir aussi : le problème des transports en commun dans la vallée de l’Arve

Il est stupide de vouloir « collectiviser » la voiture qui est quelque chose d’individuel et limité par nature. Ce qu’il faut collectiviser c’est le mode de transport lui-même.

Ce dont nous avons besoin c’est d’une grande politique de transport en commun à l’échelle intercommunale avec participation financière de l’État.

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