Les accidents de travail sont-ils des faits divers ?


Vie quotidienne / mardi, octobre 29th, 2019

22 mars 2015, 22h15 : « Usine Perrotton à Bonneville. La main gauche d’une salariée de 47 ans a été écrasée par une machine ».

20 février 2019 : « un ouvrier a fait une chute de 10 mètres alors qu’il intervenait sur un chantier des établissements Bontaz. Son pronostic vital est engagé ».

22 octobre 2019 : « Ayse, un employé, âgé de 60 ans, est tombé du troisième étage d’un bâtiment en construction ».

Depuis le 1er janvier de cette année, ce sont déjà 505 302 travailleurs qui ont subi un accident au cours de leur travail. Cette insécurité n’est subit que par 2,2 % des cadres contre 62,6 % des ouvriers.

Faire reconnaître les maladies professionnelles, comme par exemple les cancers issus des vapeurs de trichloréthylène dans le décolletage, est déjà une véritable bataille. Pareillement, les accidents de travail sont souvent vus comme une erreur personnelle.

Or, par exemple, dans le décolletage le travail est parfois monotone et la pression à remplir les demandes des clients peut s’avérer fatal à la concentration. De plus, que fait une femme de 47 ans dans une usine à 22h15 en plein hiver ?

Un être humain est un animal diurne, c’est-à-dire qu’il est fait pour se reposer la nuit car son horloge biologique suit  les cycles du soleil.

Dans le B.T.P, les journées à rallonge et les impératifs des clients d’être livrés le plus rapidement favorisent l’insécurité des tâches manuelles. De plus, que fait une personne de 60 ans sur un chantier d’un bâtiment en hauteur ?

Un être humain a une capacité physique et nerveuse qui se doit d’être préservée au-delà d’un certain âge. C’est pour cela qu’Ambroise Croizat, un ouvrier communiste savoyard, a établi la retraite à taux plein à 60 ans.

Alors, non un accident de travail n’est pas un fait divers. Il est l’expression d’une société capitaliste qui brise la nature humaine. En tant que propriétaire des outils et de l’organisation du travail, ce sont les capitalistes qui sont les premiers responsables des accidents de travail.

C’est bien de là que vient l’inégalité entre ouvriers et cadres. Il y a évidemment l’activité manuelle, forcément plus risquée. Mais il y a aussi le fait qu’un cadre a une relative maîtrise de son travail contrairement aux ouvriers qui obéissent à des ordres venus d’en haut dans des conditions de travail (et d’emploi) qui ne leur appartiennent pas.

Un accident de travail ne doit jamais être vu comme fait divers, banal, mais comme un puissant rappel que la première des insécurités vécues par les travailleurs, c’est celle au travail sur lequel ils n’ont emprise réelle et significative.

Face à ces drames de la vie quotidienne, le syndicalisme reste une forme de défense minimale.

Mais jamais il ne réglera les questions fondamentales que sont : à qui appartient l’organisation du travail ? À qui appartient la répartition des marchandises et selon quels rythmes ?

Ces questions ne sont pas d’ordre « économiques » mais relève du pouvoir politique.

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