Capitalisme vert ou Socialisme ? A propos des magasins bio


Ecologie / mardi, novembre 12th, 2019

Lorsqu’on se rend dans les zones commerciales de la vallée, on peut constater qu’il y a de plus en plus de « magasins bio ». À Sallanches, « Satoriz » et « La vie claire » sont quasiment côte à côte à Sallanches, et c’est la même chose à Cluses avec « Croq’Nature » et « Biocoop ».

En fait, cela se répète dans chaque nouvelle zone construite, sans même parler des rayons bio qui s’agrandissent dans les grandes surfaces comme Carrefour et Super U.

C’est d’ailleurs sur ce motif que Super U Magland va s’agrandir, engloutissant encore de la nature dans du béton. Il en va de même du Super U Passy, pour justifier de toujours chercher à grossir, le bio est dans l’air du temps !

Et que dire de la récente zone commerciale de La Pallud à Domancy qui a asséché une zone humide pour y installer, entre autres, « Le grand panier bio », une des plus grandes enseignes locales, par ailleurs ouverte le dimanche matin ?

La logique de concurrence entre les supermarchés et les zones amènent fatalement à la surcharge de marchandises, avec des commerces qui redoublent d’imagination pour permettre leur écoulement.

Mais alors finalement que cela change t-il réellement dans la société, dans le mode de vie ?

On prend sa voiture pareillement pour traverser une zone faite de parkings et parsemée d’enseignes lumineuses pour aller dans un même cube en métal. On y trouve les même gens pressés par le quotidien capitaliste.

On y trouve également de la viande et du poisson. Au-delà du fait que détruire une vie animale pour l’intérêt égoïste des humains est un contre-sens écologique, en quoi est-ce durable de manger du poisson alors que l’on vit à 1 000 kilomètres de l’océan ?

Car le principal credo du magasin bio n’est-il pas la promotion de la « production locale » qui serait par nature écologique ? Il est évident qu’il est aberrant de faire traverser des kilomètres des produits que l’on pourrait produire et consommer au plus près.

Mais il faut bien saisir que la production locale n’est pas une solution universelle, compatible pour tous les produits et tous les peuples sur la planète. La production locale n’existe que comme le miroir inversé des monopoles capitalistes inondant le marché en masse de produits.

Imaginons les 120 000 personnes de la vallée consommant « local ». On devrait raser des hectares de forêts pour l’agriculture, agrandir les abattoirs de Megève et de Bonneville pour tuer toujours plus à la chaîne, oublier de nombreux fruits et légumes…

Le dilemme n’est donc pas local ou global, petite production ou grande production, mais capitalisme ou socialisme.

>> Voir aussi : Pourquoi le socialisme ? (1)

La production industrielle de masse actuelle est suffisante pour satisfaire les besoins du peuple. Si une partie des gens s’en détourne, c’est parce qu’elle fournit des produits de mauvaise qualité gustative, nutritionnelle et sanitaire.

Mais cela est le résultat de sa soumission à la loi de maximisation du profit. Les capitalistes doivent produire et écouler au plus vite leurs marchandises, élargir leur capital pour survivre dans la concurrence. Monoculture, pesticides, non respect des saisons, pollution en sont les symptômes directs.

Plutôt que de soutenir une production biologique « alternative » qui laisse courir les monopoles, il faut retirer le pouvoir aux grandes entreprises industrielles obtenir une production  biologique de masse.

C’est le sens du socialisme de notre époque.

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