Les doudounes Canada Goose, une mode morbide


Ecologie / vendredi, décembre 13th, 2019

La vallée de l’Arve ne fait pas exception au phénomène Canada Goose, les doudounes canadiennes de luxe. Très en vogue dans la haute bourgeoisie, cette veste de luxe peut se retrouver sur les épaules de la jeunesse populaire. Fausse réplique ou réel manteau acheter à échéances, peu importe tant que la personnalité est valorisée.

La marque a pris de l’ampleur depuis Le jour d’après, un film hollywoodien qui fantasme la fin du monde comme un gigantesque cataclysme brutal.

Les héros de ce film se vêtissent de ces doudounes « adaptées » aux températures descendant en dessous de -20°c car le phénomène d’inversion des pôles exposerait New-York à des températures extrêmement froides. Dans Le jour D’après cela intervient de manière assez ridicule, avec une vague de gelée que l’on voit arriver à l’œil nu.

Ici, la capuche est en coyote et l’intérieur en plumes d’oies. Alors qu’une partie de la population s’oppose depuis plusieurs années et bien légitimement aux marques utilisant de la fourrure, Canada Goose revendique utiliser la fourrure d’une espèce jugée nuisible : le coyote. Cela serait sensé justifier la barbarie dont la mode est le prétexte.

Mais comme on peut le voir dans des vidéos terrifiantes, les conditions d’ « extraction » (si on peut le dire ainsi) d’une fourrure Canada Goose sont une véritable torture pour ces animaux.

Attrapés par un piège à loup, ils attendent pendant des heures avec de grandes souffrances qu’un exploitant vienne les achever d’une balle. Leur peau est ensuite retirée pour réaliser la fourrure.

Pour les plumes, les oies sont parquées dans des enclos. Soumises à un grand stress, elles s’entassent pour échapper à leurs bourreaux, certaines mourant asphyxiées. Transportées pendant plus de 5 heures sans eau ni nourriture dans des cages exiguës, elles finissent égorgées sur des chaînes mécanisées.

Ainsi, quand bien même nous entrons dans la sixième extinction de masse des espèces, des entreprises élèvent et écorchent des animaux pour en faire des manteaux à 600, 800, voir 900€. Quelle mentalité rétrograde, barbare, à mille lieux de la civilisation.

Ajoutons à cela le fait qu’en France, cet usage ne relève que d’une valorisation superficielle et vaniteuse de l’individu. On peut très bien avoir chaud en hiver avec des vêtements n’utilisant pas de matières animales !

Comment ne pas capter la futilité de cette mode alors que chaque année bat des records de chaleur et que les hivers sont de plus en plus en court ?

Malheureusement, la catastrophe écologique n’est pas un film. Le réchauffement climatique et l’écocide appellent justement, non pas à sauver le monde, mais à dépasser l’ancien monde, celui d’une humanité shootée à la propriété privée et à la marchandise qui détruit la vie sur Terre.

La mode nous enferme et nous vend des marques de doudounes polaires avec la packaging publicitaire de l’homme fort, conquérant, vaillant.  Mais dans la « vrai vie », il n’y a pas de héros solitaires pour conduire plus vite que les catastrophes.

Il n’y aura pas plus de héros individuels face à l’écocide, mais l’auto-organisation du peuple pour maintenir haut le drapeau de la civilisation.

Canada Goose montre que la société marchande est bien glauque et entraîne tout un chacun à se mentir face à la destruction de la vie, à la retombée dans la barbarie.

Les personnalités, nos sensibilités doivent se révolter contre ces tortures, ces choses indignes de notre époque. Elles doivent  porter une rupture culturelle et s’orienter vers l’objectif d’une société tournée vers la défense de la vie.

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