Pollution de l’air : l’amateurisme de l’État


Ecologie / vendredi, décembre 27th, 2019

Lors d’une réunion de mise au point du second plan de protection de l’atmosphère le lundi 16 décembre, le préfet Pierre Lambert a annoncé la mise en place d’une mesure phare, la circulation alternée. Cette mesure n’est en fait qu’une façade masquant l’amateurisme d’un Etat au service de l’industrie automobile.

La circulation alternée a été l’annonce phare de ce lundi 16 décembre et elle suscite d’ailleurs déjà autant d’enthousiasme que de critiques.

Et pour cause, annoncer l’interdiction de circulation des voitures polluantes sans proposer d’alternative, cela apparaît comme foncièrement anti-démocratique. Comment les gens vont-ils faire pour aller au travail alors qu’il n’y a aucun transport en commun efficace ?

On se dit d’abord que c’est complètement idiot et que cette proposition n’est pas réfléchie. Mais non, le fait est que la classe dirigeante ne raisonne que par le prisme de la solution individuelle, en incitant donc au renouvellement de sa voiture.

Cela accompagne les intérêts de l’industrie automobile qui cherche à asseoir la demande de voitures électriques pour se lancer plus à fond dans ce débouché. On sait pourtant que la voiture électrique ne s’annonce pas des plus écologique et que près de 40 % des particules fines de l’automobile sont issues de la dégradation des disques de frein et des pneus.

De plus, comme le soulignait très bien le Comite Anti-Polluion Cluses dans un article sur les « Zones à faible émission » :

Lorsqu’on connait les scandales liés aux moteurs plus « écologiques » (Dieselgate) et les multilples fraudes possibles, il y a bien d’autres obstacles à surmonter. Enfin, précisons que depuis septembre 2017, les poids lourds sont soumis à ce système de vignette (Crit’Air) et qu’au regard des fraudes à l’adblue, il est probable que ce dispositif soit un écran de fumée.

Au-delà du « greenwashing » de l’industrie de l’automobile, la mesure est annoncée sans une explication concrète de la démarche.

Entre l’étendue du territoire à contrôler et le fait, qu’à la différence des grandes métropoles, l’autoroute est un des axes de circulation névralgique de la vallée, comment mettre en œuvre une telle mesure ?

Il faudrait des moyens colossaux et une volonté politique affirmée. Or lorsqu’on voit comment la société est minée par ce libéralisme qui répand la morale du « chacun fait ce qu’il veut », on peine à y croire.

>> Voir aussi : Pourquoi le socialisme ?

Alors face à ces interrogations, le préfet Pierre Lambert annonce à la presse le 18 décembre la mise en ligne d’un site explicatif ; un site toujours indisponible cinq jour plus tard, avec seulement le nom de domaine qui est réservé ! C’est déplorable…

Cette mesure de circulation alternée n’est bien qu’une solution de façade. Dans une vallée regroupant environ 90 000 habitants entre Passy et Bonneville, la première des mesures démocratiques serait la construction d’un vaste réseau de transport en commun accessible et reliant les villes.

Avec un PPA qui arrive à terme dans à peine trois ans, les défaillances de communication et l’annonce de mesures anti-populaires révèlent l’amateurisme de l’Etat. Pourtant, face à cette terrible pollution de l’air, nous avons bien besoin de la toute puissance d’un Etat, d’un Etat solide au service de la population.

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