Grève du 5 décembre : et après ?


Politique / vendredi, décembre 6th, 2019

L’enjeu de la grève du 5 décembre était clair : lancer une lutte en défense d’une grande conquête sociale qu’est le régime des retraites par répartition. En France, ce sont entre 800 000 à 1,5 millions de personnes qui ont manifesté. Localement, on compte entre 5 000 et 8 000 manifestants à Annecy et environ 350 personnes à Sallanches. C’est un début mais qui ne peut pas rester en l’état.

Au piquet de grève des cheminots du Fayet, l’ambiance était à la détermination. Une quarantaine de personnes était présente et une majorité de salariés ont voté la reconduction de la grève..Il faut dire que les cheminots ont le sentiment de perdre gros par rapport à leur système de retraite.

Ces acquis ne tombent ne tombe évidemment pas du ciel. Les cheminots ont toujours été à la tête des luttes de la classe ouvrière et leur abnégation dans la lutte antifasciste des années 1940 sont à la base de leur caisse de cotisation. Et fidèle à l’esprit de solidarité ouvrière, ils ont fait « ruisseler » leurs conquêtes avec la retraite par répartition et un départ à 60 ans pour tous les salariés.

De l’autre côté, ce sont les professeurs qui se sont massivement mobilisés avec des taux de grévistes très élevés dans certains lycées (75 % au lycée du Mont-Blanc et au lycée Charles Poncet par exemple). Il faut bien voir que cette contestation émerge de la dégradation des conditions d’enseignement : des classes sur-chargés, des moyens affaiblis, des recrutements en berne, etc.

A Sallanches, bien que dans une ambiance assez molle, 350 personnes mobilisées, c’est bien. En comparaison, en 2016, contre la loi travail, ce ne fut qu’une cinquantaine de personnes qui défilaient au Fayet. De plus d’autre professions se sont mobilisées comme des postiers, des travailleurs sociaux, des infirmières, quelques saisonniers, des ouvriers de Dynastar et de SGL Carbon, dont un tiers était d’ailleurs en grève.

Mais, finalement, le mouvement reste mitigé car on peine à trouver l’élan réel dans les bases populaires. De plus, le risque de s’enfermer dans la passivité et l’entre-soi est fort chez les cheminots et les professeurs.

Ils ‘agit dorénavant d’appliquer un des slogans qui a résonné : « Grève, Action, Reconduction ! ». Sans élargissement de la base des grévistes, c’est l’isolement et la défaite assurée.

Si on ne peut pas tolérer le discours de la droite sur les soit-disant « privilèges » des cheminots, il ne serait pas juste d’accepter la passivité et la tendance « corporatiste » des cheminots et des professeurs.

Car peut-on dire, sérieusement, que la grève est bien engagée alors que l’on recense que très peu d’ouvriers-décolleteurs ou du BTP en grève ? Il est vrai que la conscience des luttes est faible chez les ouvriers de la vallée, tout à la fois minée par une mentalité conservatrice et des petites entreprises favorisant la collaboration entre classe sociales.

>> Voir aussi : le développement du capitalisme en Savoie

L’enjeu reste la bataille de l’opinion et surtout celui des bases populaires, des petits salariés du coin. Cela ne peut que passer par des actions d’agitation, de tractages, des appels à la grève, des assemblées générales dans les entreprises.

Car les assemblées générales sont la base de tout mouvement mettant en branle les travailleurs. C’est avec un telle dynamique à la base qu’un mouvement populaire et démocratique peut changer une société recroquevillée sur la monotonie du travail, de la voiture et de la maison.

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