Bonneville : une action judiciaire contre le dieselgate3 min read


Ecologie, Politique / mardi, janvier 14th, 2020

Ce mercredi 8 janvier, Anne-Lassman Trappier de France Nature Environnement, Maître Elisabeth Gelot du barreau de Lyon et Laura Croze, directrice adjointe de « V pour Verdict » ont tenu à Bonneville une conférence de presse autour d’un nouveau probable scandale « dieselgate » concernant Renault.

En septembre 2015, l’éclatement du scandale du « dieselgate » obligea Volkswagen à payer une amende d’un milliard d’euros pour avoir utilisé un logiciel brouilleur des normes de dépollution.

Dans la foulée de ce scandale, Ségolène Royal avait lancé une commission d’enquête parlementaire sur un tel scandale en France. En juillet 2016, la commission préleva au hasard 80 véhicules de la circulation et qui se révélèrent au-dessus des seuils de pollution.

Puis en 2017, lors de nouveaux tests, les émissions de CO2 de la très populaire Renault Captur se sont révélés être supérieures de 377 % au seuil réglementaire (moteur Euro 6). La Clio dépassait quant à elle de 305 % ses normes (moteur Euro 5). Finalement, la fraude concernerait près de 900 000 voitures.

En fait, le scandale semble relever d’un profond cynisme anti-démocratique. Il y aurait un décalage entre les conditions de test et la réalité de la conduite au quotidien. Pour le dire simplement, les véhicules ont dépassés les seuils de pollution lors de conduites du quotidien et non pas dans les conditions du test d’homologation !

L’investigation a franchi une étape en janvier et avril 2017 avec l’ouverture d’une information judiciaire contre Renault à la demande de son principal actionnaire, l’Etat.

Un rapport d’expertise de mai 2019 a confirmé les dépassements anormaux des premiers tests anti-pollution. Le rapport a révélé que les systèmes anti-pollution semblaient se stopper en-dessous ou en-dessus de certaines températures, pourtant très souvent dépassés en hiver ou en été.

De même, les dispositifs anti-oxyde d’azote (Nox) seraient inefficaces à moins de 50 km/h. Cela pose un sérieux problème lorsqu’on voit l’augmentation des bouchons en fin de journée, avec donc une sur-concentration de Nox.

On remarquera qu’après de tels soupçons, le lancement d’une circulation alternée sur la base du contrôle des vignettes Crit’Air soit très peu crédible, pour ne pas dire ubuesque dans la vallée.

L’objectif de l’action judiciaire est de récupérer l’argent à Renault, c’est-à-dire d’obtenir un remboursement à hauteur de 40 % de la valeur du véhicule pour préjudice de « tromperie ». Toute personne qui pense être victime de cette affaire doit se manifester auprès des associations en question.

Après Volkswagen, un tel scandale chez Renault ne peut qu’accentuer la défiance populaire envers des monopoles qui se moquent des enjeux écologiques. A ce titre, la politique du « pollueur-payeur » ne suffira pas à régler un problème qui se niche au coeur même du fonctionnement des monopoles capitalistes.

>> voir aussi : pourquoi le socialisme ?

L’automobile est de plus en plus un symbole absurde et méprisable de la société actuelle. C’est scandaleux, insupportable et le minimum est que les gens lésés récupèrent leur argent, en attendant de prendre un jour le contrôle de cette industrie pour la reconvertir en autre chose.

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