Le délaissement de l’Etat face au trafic de drogues


Politique, Vie quotidienne / mardi, janvier 28th, 2020

A l’image du pays, la vallée de l’Arve connait une augmentation croissante des trafics de drogue. Les fameux « coups de filets » n’assèchent pas le terreau propice à cette économie qui pourrit à la fois la vie sociale et à la fois la santé de nombreuses personnes.

Au quartier du Perrier à Annemasse, la situation était déjà alarmante il y a dix ans mais les choses n’ont pas évolué favorablement. En 2017, c’est une petite boutique de réparation d’appareils d’électroménagers qui a du quitter le quartier. Les habitants pointent du doigt les nuisances et craignent la violence et la surveillance des dealers.

En juin 2019, un trafic de résine de cannabis floqué de gilet jaune et de jeux d’argent à gratter a même été démantelé. C’est dire comment la société pourrit sur elle-même.

Mais les trafics de drogues ne sont pas une caractéristique des quartiers HLM. Ainsi, à Saint-Jeoire, des trafics ont également pourri une partie du village. C’est en fait le cas dans de nombreux autres petits endroits où le trafic prospère grâce à la banalisation de la consommation de cannabis, mais aussi de plus en plus de cocaïne dans la jeunesse.

En ce sens, pour commencer, quiconque connaît la valeur du mot « collectivité » se doit de refuser la consommation et la banalisation de ces poisons qui pourrissent la vie sociale et psychologique.

Mais, en plus d’être un opium du peuple, les comportements ultra-individualistes des dealers favorisent une ambiance délétère pour la jeunesse en général. N’importe quel jeune s’attardant dans un espace public devient un suspect.

Face à cela, les autorités n’ont d’autre perspective que l’augmentation de la surveillance à coups de portails sur-élevés, de caméras de surveillances, de rondes de police.

C’est ainsi que furent installées des caméras au skate-park de Sallanches sous prétexte de trafics alors même que c’est un espace convivial et populaire. Ce sont là des réponses qui exacerbent un climat de méfiance.

Démanteler un réseau ne fait que déplacer le problème et personne de sensé n’aspire à vivre dans un endroit quadrillé 24h sur 24 par des policiers ou des caméras de surveillance. 

De même qu’il est absurde d’opposer les dealers aux habitants d’une zone de trafic lorsque ces derniers vivent eux-mêmes à cet endroit et que la drogue est souvent un drame social (isolement, dépression, overdose..).

La réponse face à ce fléau devient aussi par endroit une réponse démocratique à la base, avec par exemple la mobilisation de parents aux abords des écoles comme à Saint-Denis et à Poitiers.

Dans ces villes, ce sont principalement les mères qui font obstacle aux trafics puisque l’empathie maternelle est une grande source d’abnégation. 

>> Voir aussi : «l’alcool…comme la religion c’est l’opium du peuple»

Ce sont les valeurs portées par les femmes qui permettent de s’opposer à la culture qui banalise la drogue et valorise le gangstérisme, comme dans les jeux vidéos mais aussi certains clips de musique.

En effet, le trafic de drogues est un produit du capitalisme, non pas simplement de la misère qu’il génère mais aussi de sa sous-culture du business et de la violence, de la réussite rapide, du style « thug life ».

Alors que la société libérale pourrissante calcule l’économie intérieure en tenant compte du trafic de drogues, nous devons prendre exemple sur la bravoure des mères de familles de Poitiers et de Saint-Denis afin d’encourager, développer et protéger de telles mobilisations locales.

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