Coronavirus : précaution VS profits ?


Vie quotidienne / mardi, février 25th, 2020

Le coronavirus covid-19 est en pleine expansion, et c’est juste de l’autre coté de la frontière que ça se passe. Ces derniers jours ont éte marqués par les nouvelles venant d’Italie avec un nombre de malades qui s’est soudain révélé très important. Lundi 24 février à 21h, il y avait 200 malades.

La gestion de l’épidémie par l’Italie laisse des zones d’ombre : pourquoi autant de cas « d’un coup » ? Les premiers cas devaient être connus depuis longtemps.

Dans la soirée du dimanche 23 février, la commune de Menton dans les Alpes Maritimes a demandé la mise en oeuvre des contrôles sanitaires à la frontière. Le ministère de l’intérieur a répondu que ce n’était pas nécessaire.

Vu l’ampleur de la propagation, ce n’est pas tout à fait la réponse attendue. Car il faut plus que de l’information. Mais il est vrai qu’au vu de la longueur du temps d’incubation, les contrôles sont peu fiables. D’ailleurs, on apprend que le temps d’incubation ne serait peut-être pas de 14 mais de 27 jours !

>> Voir aussi : Coronavirus aux Contamines : le laxisme face à la bourgeoisie cosmopolite.

Pour toutes ces raisons, le principe de précaution serait déjà de porter un masque de type FFP2 dans les endroits impliquant une forte proximité avec du monde.

A Chamonix, la préoccupation est bien présente, de part la possible fermeture du Tunnel du Mont-Blanc qui fait la frontière avec l’Italie. Cette possibilité a été balayée par le maire Eric Fournier car « bloquer la frontière, cela signifierait tout arrêter. On n’en est pas là ».

Ce qui préoccupe la bourgeoisie, ce n’est pas la santé de la population, mais surtout la place des entreprises dans le CAC 40. Les commentaires sur la bourse, venant tout de suite après le décompte des personnes contaminées.

On s’attend à ce que certaines choses soient faites concrètement, que cela se voit dans la vie quotidienne, mais au lieu de cela, tout continue comme à la normale, avec des paroles rassurantes sur fond de garanties économiques.

C’est encore plus vrai localement. En pleine vacances de février, par ailleurs déjà préoccupantes sur le plan climatique, le mot d’ordre tacite en station, c’est « pas de panique, ce n’est rien, faisons notre saison ».

Par contre en fond de vallée, là où les intérêts du tourisme sont moins pesants, il y a une opinion répandue sur le fait que le principe de précaution devrait être appliqué. De la même manière, qu’il est admis que le village des Contamines aurait dû être confiné.

Logiquement, il faudrait donc faire quelque chose de rationnel avec cette frontière italienne.

Alors, faut-il fermer la frontière ? Quand on entend, en partant au travail, qu’il y a une centaine de cas en Italie, et que lorsqu’on revient, il y en a cent de plus et sept morts, on se dit que oui.

Face à une possible pandémie, on ne peut pas se contenter de prévention dans les écoles et par voie de presse, il faut oser sacrifier certaines choses pour la santé de la population.

Mais, cela ne cadre pas avec la course aux profits qui rythme toute la vie sociale. Faire cela, c’est accepter de ralentir la vie et donc l’économie afin de s’assurer que tout est véritablement en main.

Face à cette épidémie, la société doit s’encadrer elle-même avec rigueur, refusant la fuite en avant dans les profits. C’est la santé qui doit primer sur tout.

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