Municipales Passy : Gilbert Perrin, ancien maire PCF sur une liste de droite


Politique / vendredi, février 28th, 2020

Notre époque est à la confusion et à la décomposition politique. Si bien qu’on en arrive à avoir des ralliements pour le moins étonnant, tout cela étant favorisé par l’ambiance de dépolitisation de l’élection municipale…

« Passy Passion », tel est le slogan de la liste « sans étiquette » dirigée par André Pastéris, président et fondateur en 1986 de l’entreprise SACP assainissement.

Quiconque n’a pas perdu ses repères politique sait bien que se déclarer « sans étiquette », « apolitique », n’est qu’un camouflage d’un positionnement à droite. Monsieur Pastéris s’est d’ailleurs entouré de la petite-bourgeoisie locale : chefs d’entreprise, professions libérales, agents immobiliers, directeurs de magasin, artisans…

Cet ancrage social s’exprime alors dans une identité politique : le manque de principes fermes et un culte pour le passé. En effet, André Pastéris déclare à plusieurs reprises dans la presse qu’ « un programme, c’est figé. Alors que des objectifs peuvent changer en six ans ».

Traduction : les principes sont aléatoires, la gestion se fait au gré des circonstances… C’est d’un pragmatisme cynique à couper le souffle. Cette perspective se retrouve par exemple dans la volonté de créer une « maison des services publics », cette mesure libérale phare remise en avant par Emmanuel Macron en avril 2019.

A cela s’ajoute la volonté de « gérer les deniers publics en bon père de famille ». Cet appel au patriarche familial traduit là un style d’action des plus ennuyeux, ringards, conservateurs, pour ne pas dire carrément réactionnaire. Mais cet aspect réactionnaire, au sens d’une nostalgie pour les temps anciens, se lit dans le slogan de la liste : « il nous fault agir ».

« Notre liste s’est d’abord appuyée sur l’ancienne devise de la famille De Montfort qui est devenue par la suite la devise de Passy : « Il me fault tenir » dont le L de faut est légitime puisque datant de l’époque de celle-ci. »

Voilà bien une vision qui flirte culturellement avec l’extrême droite, qui cultive la nostalgie du passé. Ce style s’exprime aussi dans la mention « j’aime » du « facebook » « Passy Passion » à la Ligue du Val d’Aoste. La « Lega » est ce parti d’extrême droite dirigé par Matteo Salvini, un nostalgique du fasciste Benito Mussolini.

Alors, certes, une liste de droite a le droit d’exister, même si on peut discuter de ce droit pour les tendances réactionnaires. Mais ce qui est extraordinaire, c’est la présence de Gilbert Perrin sur cette liste.

André Pastéris de souligner à ce propos, dans un article du Dauphiné du 14 février, avec encore là un esprit démodé : « C’est important d’avoir des “vieux sages” qui connaissent leur commune ».

Monsieur Gilbert Perrin a été maire PCF de 1995 à 2001 et l’actuel secrétaire de la fédération CGT retraité du pays du Mont-Blanc. Il a également été candidat Front de Gauche aux élections législatives de 2012 et départementales de 2015.

Il se retrouve ainsi sur la même liste que Fabrice Dugerdil, militant acharné de la mouvance réactionnaire « Savoie libre », et Auto-proclamé non sans plaisanteries « ministre de l’intérieur » de l’ « Etat de Savoie« .

>> Voir aussi : la contre-révolution en Savoie (1793-1797)

En se plaçant sur une telle liste réactionnaire qu’il considère comme « jeune, dynamique et politique au pluriel », Monsieur Gilbert Perrin a quitté les rivages de gauche.

Tout comme l’absence de Gauche à Cluses, ce positionnement de l’ancien maire communiste à Passy est le signe de la fin de tout un cycle historique…qui en appelle évidemment un autre !

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