8 mars : les violences conjugales, une insulte à la vie


Vie quotidienne / dimanche, mars 8th, 2020

En 1921, l’Union Soviétique faisait du 8 mars la Journée internationale de la femme. Aujourd’hui, les violences conjugales rappellent que la dignité des femmes, en tant qu’organisatrices de la vie quotidienne, est bafouée dans une société engendrant des comportements violents et rétrogrades.

Quiconque vit au milieu des femmes de la vallée de l’Arve sait que les violences domestiques sont cruellement d’actualité. Toute personne attentive connaît au moins une femme, soit sous l’emprise d’un homme violent, soit qui a réussit à fuir après avoir frôlé le drame.

Il est proprement incroyable qu’une femme en détresse comme Gulcin Kaplan soit assassinée à Annemasse le 27 janvier 2019 à cent mètres du commissariat après y avoir porté cinq fois plainte et une fois au procureur en dernier recours.

>> Voir aussi : Sur les « féminicides » dans la vallée de l’Arve

Il y a un manquement énorme. La société ne sait pas évaluer la dangerosité des situations et ne prend pas au sérieux les femmes.

Cela se voit aussi sur les programmes des élections municipales. De toutes les listes de Chamonix, Passy, Sallanches et Cluses, seules deux d’entre elles listes évoquent cette problématique.

La seule mention des violences faites aux femmes est quand il est question de renforcer l’accueil d’urgence. C’est un minimum dont on ne peut pourtant pas se contenter.

C’est qu’on a là une question qui n’est pas seulement une question de moyens « neutres », mais avant tout une question politique et culturelle. Or, il y a actuellement un refus de tout cela, au profit des comportements individuels.

Ainsi, les violences conjugales sont, dans l’opinion publique locale souvent passées sous silence, reléguées à la vie privée du foyer. Comment se fait-il qu’en 2017, une femme du village de Cordon puisse être tué à coup de fusils par son ex-mari sur le parking de la mairie ? Alors que l’on sait que dans ce type de village, tout se sait !

En fait, tout comme pour le réchauffement climatique, il est bien naïf de penser que puisque l’on en parle dans les médias, les choses évoluent. C’est surement brutal, mais non, rien ne bouge !

« Au pays des Soviets, chaque cuisinière doit apprendre à gouverner l’État », Lénine

Il y a bien quelques collages contre les « féminicides », de ci, de là dans la vallée, mais la logique du témoignage ne peut être l’issue concrète face à un tel problème de société.

Car les violences conjugales sont le produit d’une société où règne l’individualisme, la violence. Bref, une société où le débat, la rencontre, l’exigence démocratique sont bafoués au quotidien.

Or, ces violences, allant parfois jusqu’aux meurtres, sont des insultes à la dignité des femmes. Des femmes qui portent tout : du foyer à l’éducation des enfants et doivent faire face aux comportements violents et rétrogrades de leurs compagnons.

>> Voir aussi : 8 mars : savoir dire non

Le comportement des hommes violents est donc une réaction anti-démocratique contre le pouvoir des femmes. D’ailleurs, on sait que les meurtres se font lors de séparation conjugales, lorsque l’homme sent que la femme dirige en fait tout. Se sentant lésé et dépossédé, c’est la violence brutale qui se veut la solution.

Lutter contre les violences conjugales est donc une tâche démocratique que les femmes doivent porter en assumant leur pouvoir. Oui, les femmes du peuple peuvent tout, elles sont la moitié de la société qui organisent les choses au quotidien.

La Gauche, celle des manifestations de « ménagères », est à même de porter cette exigence. A condition donc d’en revenir aux fondements historiques du mouvement ouvrier.

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