Coronavirus : la sécurité collective entravée par le libéralisme


Politique, Vie quotidienne / jeudi, mars 19th, 2020

Comme chacun le sait, notre société est organisée et dirigée par une classe sociale, la bourgeoisie. Elle a une mentalité qui se révèle dans la gestion actuelle de la crise du Covid-19.

La bourgeoisie façonne la société à son image. Cela n’est pas abstrait, mais très concret. Ce façonnement c’est la liberté individuelle dans le cadre de la propriété privée et de la consommation marchande.

« Je suis chez moi, je fais ce que je veux », « je fais ce que je veux de mon argent » : c’est cela le libéralisme, une philosophie de la liberté de contrat entre individus supposés libres et égaux.

Avec la crise du coronavirus, cette mentalité s’exprime et révèle son incapacité à garantir la sécurité collective.

Dans le capitalisme, un propriétaire d’entreprise est chez lui, c’est son capital, son argent, ses ouvriers, son périmètre.

En France, toutes les grandes usines automobiles sont fermées. D’autres, comme dans l’aéronautique ont fermé quelques jours pour optimiser les conditions sanitaires au travail. Ici, nous savons que c’est le cas de Somfy, Dynastar, mais aussi semble-t-il de quelques entreprises de décolletage.

Mais il n’y a pas de mesures établies par l’Etat à tout le tissu industriel. Car l’Etat, c’est la bourgeoisie, et elle essaye de maintenir un équilibre entre sa philosophie libérale et sa capacité à administrer la société.

Les ouvriers des petites entreprises, dont le rapport de forces est plus faibles que dans les grandes, sont ainsi soumis au bon vouloir arbitraire des patrons.

Dans le décolletage, nombreuses sont les entreprises à continuer à tourner. En quoi une usine de fabrication de pièces pour les avions, les voitures ou toute autre industrie (autre que médicale) est indispensable ?

C’est qu’un petit capitaliste pense en termes de rentabilité, de taux de profit. Le libéralisme l’aidant à maintenir la pression sur les travailleurs, et à rester ouvert. Certains patrons brandissent ouvertement la menace de la faillite pour éviter la fermeture.

Pourtant, l’Etat a mis sur la table près de 45 milliards d’euros pour assurer le chômage partiel, reporter les impôts et les cotisations, assurer les problèmes de trésorerie… Mais sans contrainte forte, sans planification par l’Etat, c’est le chacun fait ce qu’il veut et advienne qui pourra !

L’attestation d’autorisation de sortie est aussi absolument risible. C’est là maintenir un compromis entre liberté individuelle et sécurité collective, en se fondant sur le contrat libéral (« avez-vous votre attestation ? »).

A Wuhan, foyer initial de la pandémie, l’Etat a mis en place des équipes municipales de ravitaillement évitant les sorties pour faire ses courses. Il y a avait donc une prise en charge collective par la collectivité elle-même, concentrée dans l’Etat.

Enfin, que penser de ces riches parisiens qui viennent se réfugier à Megève ? Des personnes qui parlent d’ailleurs de leur lieu de confinement comme d’un placement boursier : « Megève a toujours été une valeur refuge lors des crises » déclare un des ses résidents…

De qui se moque t-on ? Ces personnes se rendent-ils compte qu’ils transportent peut-être le virus avec eux ? Pas le moins du monde, allons profiter du « confinement » tranquillement dans nos résidences secondaires…. !

Comment peut-on dire que l’on est sur le « même bateau » alors que les cadres profitent du télétravail, que les petits patrons maintiennent cyniquement leur activité, que les plus fortunés circulent comme bon leur semble ? Espérons que cette crise aide à faire progresser la conscience politique de la classe ouvrière.

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