Coronavirus : soyons digne du réel


Ecologie / mardi, mars 24th, 2020

Dans cette atmosphère anxiogène de pandémie mondiale, les mesures de confinement sont très éprouvantes pour tout un chacun. Pourtant, comme le réclament des internes de médecines, nous pensons que le confinement devrait être encore renforcé.

D’ailleurs, l’Etat ne devrait-il par prendre en charge le ravitaillement des populations, pour éviter les sorties au supermarché ? Les activités physiques sportives ne devraient-elles pas être suspendues ?

Mais cela ne peut être vraiment envisagé par un Etat qui reste coincé entre l’esprit collectiviste de la majorité des gens et l’esprit libéral issu de l’individualisme des dominants.

En effet, la bourgeoisie connait un confinement facilité par ses résidences secondaires, loin de l’enfer des villes et proche de la nature, que cela soit à Megève, Chamonix, Combloux, ou sur le littoral atlantique…

Dans ces conditions, les gens huppés n’ont besoin ni de se remettre en cause, ni de comprendre pourquoi et comment nous en sommes arrivés là. Ils font en sorte que tout puisse continuer comme avant.

C’est ainsi que Catherine Poletti, présidente de l’UTMB Group, peut déclarer :

A ce jour, à plus de 5 mois de l’événement, ni la date ni l’organisation de l’UTMB® Mont-Blanc ne sont remises en cause. Bien entendu, l’organisation suit attentivement la situation et chacun sera informé si un changement doit advenir. Nous espérons vous voir en août !

De tels propos dans un tel contexte ne servent qu’à rassurer les cadres supérieurs des grandes métropoles sur le fait qu’ils pourront reprendre leur quotidien et leurs loisirs comme à l’habitude…

>> voir aussi : L’UTMB, la course des excès

L’UTMB représente cette mentalité désastreuse qui n’envisage la nature que comme un paysage, un décors pour l’exploit égocentrique de l’individu. Un rapport consommateur à la nature qui devrait être débattue de manière démocratique en sortie de crise.

Car la question c’est est-ce que l’on doit vraiment penser à autre chose en attendant que cette crise passe ? Doit-on espérer que tout revienne à la normal sans que rien ne change ?

Non, la dignité c’est de faire face au réel, de le penser, de le comprendre, pour pouvoir ensuite le transformer. Cela est également se montrer décent par rapport au personnel soignant et à toutes ces personnes qui continuent à travailler dans une situation éprouvante et angoissante.

Oui le réel s’insurge dans nos vies de manière violente et brutale. Ce réel, c’est un virus devenu une pandémie mondiale et qui n’est pas un hasard de la « nature ». Normalement, les coronavirus logés dans certains animaux sauvages ne franchissent pas la barrière naturelle entre les espèces.

>> voir aussi : un reportage sur lien entre déséquilibres écologiques et coronavirus

Ce franchissement est donc issu d’un bouleversement de la nature. La déforestation, l’étalement urbain et le braconnage d’animaux sauvages semblent les principaux responsables de la suppression de ces barrières naturelles.

C’est tout un mode de production qui est en crise qui s’illustre par un Etat incapable d’un haut niveau d’organisation pour la santé et par un développement économique mondial chaotique, entrainant le saccage de la biosphère.

Penser que la tempête va passer et qu’ensuite, on retournera travailler comme si de rien n’était, qu’on pourra reprendre des trails égocentrés dans la montagne, que finalement tout cela n’aura été qu’un mauvais passage, cela est indigne du message que nous envoie le réel.

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