Coronavirus : vers une crise du décolletage ?


Vie quotidienne / vendredi, mars 13th, 2020

Le coronavirus COVD-19 a eu raison du salon international du décolletage, le SIMODEC à la Roche-sur-Foron. Au-delà du salon international, c’est toute la filière qui peut craindre une récession.

Malgré la diversification des débouchés, les 500 entreprises de décolletage restent des industries de sous-traitance dominée par les donneurs d’ordre de l’automobile.

Or, l’industrie automobile est en difficulté avec le virage du moteur électrique. L’année 2020 prévoit une baisse des ventes, avec 1,7 millions de véhicules vendus contre 2,2 en 2004.

Le 19 février 2020, voici ce que disait Maxime Thonnerieux, président du Syndicat National du Décolletage (Sndec) à France Bleu :

la difficulté actuelle provient de l’absence de visibilité sur les carnets de commandes. Cela veut dire que nous avons des changements de production extrêmement fréquents. Quand auparavant nous arrivions à avoir trois ou quatre mois de visibilité sur la production, actuellement nous n’avons plus que trois à quatre semaines. 

Le ralentissement de l’économie mondiale et la mise en quarantaine de l’Europe par les Etats-Unis n’est donc pas de bon augure. Cela d’autant plus que le taux d’exportation à l’internationale du décolletage n’a cessé d’augmenter ces dernières années.

Dans les régions italiennes des Abruzzes, de Molise et de la Bascilicale, le secteur automobile représentent jusqu’à 30 % des emplois industriels. En chine, le secteur automobile était déjà bien mal en point, avec une baisse de 17 % des ventes en septembre 2019 (comparé à septembre 2017).

A cela s’ajoute le fait que les effets sont décalés puisque les délais de livraison des marchandises qui passent par les ports varient d’un à trois mois.

Par conséquent, une rupture d’approvisionnement en matières premières tout autant que des composants pour l’automobile, avec une possible baisse des commandes.

Dans ce climat, le discours sur la « démondialisation » s’impose. Cette solution est erronée car elle cherche à revenir en arrière. Si une crise économique a lieu, il faut avoir en tête que le Covid-19 révèle deux choses :

  • le rapport utilitariste borné aux animaux. Tout comme la grippe aviaire et Ebola, le Covid-19 est un zoonose. Il est donc un aspect de la question écologique.
  • l’absence de gouvernement mondial unifié pour planifier une économie mondiale inter-dépendante. Il est donc un aspect de la question du socialisme.

Nous vivons dans une économie mondialisée mais qui est encadrée par des égoïsmes nationaux pris dans le jeu de la concurrence internationale.

La pandémie du coronavirus révèle l’inter-dépendance des peuples de la planète mais l’absence de gestion collective internationale, avec à l’arrière-plan l’écocide qui ne pourrait être endigué que par un gouvernement unifié à l’échelle de la biosphère.

>> Voir aussi : l’écologie ne peut pas ignorer le véganisme

Une crise sanitaire entraine logiquement une baisse d’activité. Mais dans le capitalisme cela pourrait se traduit par des faillites d’entreprises, des licenciements, et donc de la misère sociale.

Dans le socialisme, les travailleurs ne craindraient pas de perdre leur emploi ou de voir leur salaire baisser car les moyens de production seraient socialisés, gérés par la société toute entière, et non pas par des employeurs privés cherchant l’accumulation du capital.

Le principe du socialisme, c’est le droit au travail assuré, une existence sociale de qualité garantie. Dans le capitalisme, la moindre déstabilisation a pour conséquence une incertitude de la vie prolétaire, soumise aux oscillations boursières.

La Gauche doit se préparer à assumer la lutte des classes pour une économie planifiée et dirigée par les ouvriers, en vue d’établir un nouveau rapport à la biosphère grâce à l’union internationale des peuples.

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