Vladimir Vernadsky : la vie, le soleil, la Biosphère


Ecologie / mardi, mars 31st, 2020

Pour Vernadsky, la vie est le résultat de la transformation par la vie elle-même de l’énergie du soleil, lui-même issu de la dynamique du « cosmos ».

Les différents étages de vie imbriqués les uns aux autres se développent dans des équilibres précis. Notre planète est une Biosphère, rien n’est divin ou mystique : l’être humain « n’est qu’un » produit sophistiqué de la Nature et c’est en cela qu’il a un rôle à jouer.

Voici l’extrait de l’oeuvre « La Biosphère » publiée en 1926 en Russie, et éditée en 1929 en France (Libraire Felix Alcan, Paris) :

21. La vie est ainsi un perturbateur puissant permanent et continu de l’inertie chimique sur la surface de notre planète. En réalité, non seulement elle crée, par ses couleurs, ses formes, par les associations des organismes végétaux et animaux, par le travail et l’oeuvre créatrice de l’humanité civilisée, tout le tableau de la nature ambiante, mais elle pénètre les processus chimiques les plus profonds et les plus grandioses de l’écorce terrestre.

Il n’est pas de grand équilibre chimique sur l’écorce terrestre où l’influence de la vie ne se manifeste, marquant toute la chimie de son sceau ineffaçable. Ainsi la vie n’est pas un phénomène extérieur ou accidentel à la surface terrestre. Elle est liée d’un lien étroit à la structure de l’écorce terrestre, fait partie de son mécanisme et y remplit des fonctions de première importance, nécessaires à l’existence même de ce mécanisme.

22. Toute la vie, toute la matière vivante peut être envisagée comme un ensemble indivisible dans le mécanisme de la biosphère. Mais c’est une partie seule de la vie, la végétation verte, porteuse de la chlorophylle qui utilise immédiatement le rayon lumineux du Soleil, et produit au moyen de la photosynthèse, et par l’intermédiaire de ce rayon, des composés chimiques instables en dehors de l’organisme ou après sa mort dans le champ thermodynamique de la biosphère [espace dynamique où se réalisent des transferts d’énergie, comme une zone humide par exemple – ndlr].

Tout le monde vivant est lié par un lien immédiat et indissoluble à cette partie verte. La matière des animaux et des plantes sans chlorophylle est une élaboration ultérieure de ses composés chimiques.

Il se peut que les bactéries autotrophes [organismes vivants produisant leurs propres ressources à partir d’eux-mêmes – ndlr] seules ne soient pas un appendice de la végétation verte, mais ces bactéries sont aussi d’une manière ou d’une autre, liées dans leur passé par un lien génétique à la végétation verte.

On peut ainsi considérer toute cette partie de la Nature vivante comme le développement ultérieur du même processus de transformation de l’énergie solaire lumineuse en force planétaire active.

Les animaux et les champignons accumulent les corps riches en azote, corps qui deviennent des agents de modification encore plus puissants, des centres d’énergie chimique libre, lorsque après la mort et la destruction des organismes ou bien en se dégageant de ceux-ci, ils quittent le champ thermodynamique où ils furent stables et pénètrent dans la biosphère, dans un autre champ thermodynamique, où ils se décomposent en dégageant de l’énergie.

On peut ainsi considérer soit la matière vivante en entier, soit la totalité des organismes vivants sans exception, comme le domaine unique et particulier de l’accumulation de l’énergie chimique libre, de la transformation dans la biosphère des radiations lumineuses du Soleil en cette énergie.

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