Confinement : l’esprit individualiste doit être combattu


Vie quotidienne / mardi, avril 7th, 2020

Ce samedi, un jeune de 24 ans s’est tué en randonnée dans la vallée de Chamonix, et cela en plein confinement.

Ce triste accident doit nous rappeler que le confinement ce n’est pas seulement d’éviter d’attraper ou de transmettre le virus, c’est aussi la solidarité collective. Cela signifie que le comportement individuel ne doit pas venir parasiter la chaîne de secours. Or, une sortie en montagne c’est prendre le risque d’avoir un accident qui aurait pu être évité car relevant d’u loisir non essentiel actuellement.

Vouloir aller skier dans les conditions sociales et sanitaires actuelles, c’est vraiment bafouer toute considération envers l’intérêt collectif et se penser soi-même (et le monde) de manière bien égoïste.

Il y a deux semaines, le 25 mars, c’était un couple originaire de Lyon qui était arrêtée au Saisies, en Savoie, avec ses deux enfants. Refusant le contrôle de la gendarmerie, la famille s’apprêtait à entamer une randonnée à ski, nécessitant l’intervention du PGHM (Peloton de Gendarmerie de Haute montagne). En Isère, le PGHM a du intervenir cinq fois le samedi 8 mars pour secourir des imprudents.

Mais ces attitudes qui sont, osons le dire, anti-sociales se retrouvent chez les personnes circulant à très vive allure sur les routes, allant en montagne pour une randonnée ou un camping. Le risque zéro n’existe pas dans ce type de milieu et une entorse à la cheville peut vite nécessiter l’appel des secours. Or comme le dit très justement la gendarmerie : « chaque secours engagé est un secours de trop ».

Transformer une mesure sanitaire en vacances relève d’une mentalité terriblement bornée, sans aucune compassion envers les malades et leurs familles, mais aussi envers les personnels hospitaliers et urgentistes. De telles attitudes doivent être combattues car elles banalisent un esprit anti-démocratique, anti-populaire, totalement intolérable actuellement.

La mort d’un jeune homme de 24 ans est ainsi bien malheureux. Ce n’est pas faute d’alertes et de mises en garde de la part du PGHM. Au premier jour du confinement (16 mars), les gendarmes de haute montagne ont publié un communiqué sur leur page Facebook, que nous reproduisons :

Bonjour à tous,

Le ciel est bleu, la neige est là et les montagnes sont belles. Grande est la tentation de faire un tour. Cependant, la situation présente et surtout à venir est telle que chaque ressource, chaque minute qui sera consacrée par les équipes médicales à un secours en montagne pourrait être retranchée à la prise en charge de l’épidémie COVID-19 en cours, et donc, in fine, très probablement au détriment d’un autre patient. En d’autres termes, à partir de maintenant, chaque secours est potentiellement un secours de trop pour les services hospitaliers.

Bien que le service de secours à personne du PGHM de Chamonix Mont Blanc reste pleinement assuré, nous relayons le message de nos collègues médecins urgentistes du secours en montagne qui sollicitent expressément la responsabilité de chacun. En l’attente de prochaines directives officielles, nous appelons à la prise de conscience des pratiquants de la montagne et leur recommandons de réduire au strict minimum, idéalement de suspendre, leurs activités le temps de la crise.

Merci de votre compréhension.

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