Le confinement et les animaux sauvages


Ecologie / vendredi, avril 3rd, 2020

Quelle belle impression que de voir la vie sauvage apprécier un moment de repos. Au plus près de soi, on apprécie le chant des oiseaux qui, en temps normal, est obstrué par ce bruit de fond lié aux activités en tout genre.

La Ligue de Protection des Oiseaux a ainsi lancé la très sympathique initiative « confinés mais aux aguets », consistant à recenser et identifier les oiseaux dans son jardin.

Cette réduction de la pollution sonore est surtout bénéfique pour les amphibiens, les oiseaux mais aussi les insectes qui se reproduisent grâce à la communication sonore. Toutefois, la pollution lumineuse, comme ces usines à l’arrêt qui restent éclairées de mille feux, déstabilisent toujours les oiseaux.

Mais c’est également la baisse de la circulation routière qui offre un répit. C’est à ce moment de l’année que les grenouilles et les crapauds traversent les routes pour rejoindre leurs lieux de reproduction – zones humides – ou que les hérissons se préparent à parcourir quelques kilomètres pour trouver des femelles.

En France, on estime à 1,8 millions le nombre d’hérissons tués par les routes, avec 24 % des bébés hérissons qui meurt écrasés de la sorte.

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A tout ceci s’ajoute l’arrêt de la chasse. Pensons là aux renards, chevreuils, chamois, biches, sangliers pouvant vivre sans la crainte d’être tiré pour un plaisir anthropocentré, égoïste.

Une chasse qui, il faut le noter, ne s’est pas arrêtée toute seule mais grâce à la pression de l’ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages). Les chasseurs ne devraient-ils pas faire mine basse ? Le coronavirus n’est-il pas le résultat de la chasse d’animaux sauvages ?

Mais d’un autre côté, cet arrêt signifie une raréfaction de l’alimentation issue de nos déchets, comme pour les pigeons et les écureuils. Oui, cette accalmie est très agréable. Mais il ne faudrait pas non plus se laisser submerger par un romantisme naïf.

Car l’accalmie arrive au moment de la reproduction, lorsque les animaux cherchent à se stabiliser pour le reste de l’année. Des nids vont ainsi être construits dans des endroits qui ne sont pour l’instant pas exposés aux « nuisances » humaines mais ne manqueront de l’être à la fin du confinement.

Pensons également à la reprise de la chasse, qui va être d’autant plus brutale que la fierté des chasseurs leur donnera le sentiment d’impunité, cherchant à récupérer ce qu’ils considèrent comme leur « dû ».

Tout l’enjeu est là : cette période doit nous apprendre à nous reconnaître comme un produit de la Biosphère. Et notre identité, c’est justement la science et la conscience des phénomènes de la nature, et par conséquent notre capacité à s’y intégrer de manière harmonieuse.

Autrement dit, la contemplation du confinement doit s’accompagner d’une attention approfondie envers les animaux. N’y a t-il pas un nid ici ? Tel animal sauvage n’a t-il pris des habitudes là-bas, dans cet endroit qu’il déserterait auparavant ?

Le coronavirus est le résultat du chamboulement de la vie sauvage, et le confinement offre paradoxalement un maigre moment de paix à cette même vie sauvage. C’est pour ces raisons que les mentalités doivent se transformer pour se tourner tout entier vers la vie naturelle.

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