1er mai : approfondir sa conscience politique pour affronter l’avenir !3 min read


Politique / vendredi, mai 1st, 2020

Cette journée internationale dédiée aux travailleurs est marquée par une crise historique engendrée par l’émergence du covid-19. Il est évident que les prochains mois, les prochaines années vont être troublées, et par conséquent décisives pour la vie populaire.

Avec la reprise du travail dans la vallée, les inquiétudes sociales se font sentir avec les contrats intérimaires qui sont arrêtés et les CDD parfois non-reconduits.

Dans le décolletage, les demandes de l’industrie médicale forment un filet de sécurité, sans pour autant compenser à terme les gros volumes de l’aéronautique et de l’automobile.

Du côté des l’hôtellerie-restauration, la situation est littéralement catastrophique puisque la grande majorité des entreprises sont fermées, avec une autorisation de ré-ouverture prévue pas avant le mois de juin.

La classe ouvrière aurait tort de penser que la crise économique et la crise sanitaire sont deux choses différentes. Elles résultent toutes les deux d’un même phénomène : l’effondrement du capitalisme dans sa capacité à assurer la vie.

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Il y a bien évidemment la question des masques et des respirateurs, avec les hôpitaux de Sallanches et de Contamine sur Arve qui n’ont pas échappé à la pénurie. C’est là un véritable effondrement de la capacité de l’État à organiser le domaine de la santé à un moment crucial.

Mais souvenons-nous également des premiers cas aux Contamines-Montjoie après qu’un riche entrepreneur revenu de Singapour y soit passé quelques jour voir des amis. Quelques semaines plus tard, la flambée des cas en Italie n’a même pas entraîné la fermeture du tunnel du Mont-Blanc.

La classe dominante n’a fait que relativiser la pandémie avec l’espoir absurde de passer à travers les mailles du filet, repoussant à l’ultime moment l’arrêt de la marche des profits.

Cette mentalité particulièrement agressive chez les gros possédants n’a jamais vraiment disparu, elle a simplement été mise de côté du fait de l’élan populaire à la base pour la santé.

Il suffit de se rappeler la venue en vacances des riches propriétaires de chalets, ou encore la fermeture non coordonnée des entreprises de la vallée dans la semaine de l’annonce du confinement, laissant s’installer l’inquiétude chez les salariés.

Pendant ce temps, le personnel médical, et aussi bien souvent les mères de familles, assuraient la bataille contre le relativisme, l’irrationnel et la fuite en avant individualiste.

Sociaux, culturels, sanitaires, sur tous les plans l’État révèle sa profonde incapacité à faire face sereinement à la situation, à la fois à cause d’un manque de moyens matériels mais également en l’absence d’une liaison démocratique avec les besoins populaires.

Est-il bien normal que la fabrication de masques soient faites par des bénévoles, comme à Cluses ou à Sallanches ? Est-il bien sérieux qu’il ait fallu attendre le 25 mars pour avoir un arrêté préfectoral d’interdiction à la montagne ?

La prise au sérieux réelle de l’épidémie est passée par une pression populaire, de la même manière que le fonctionnement essentiel de la société est assuré par les travailleurs de la base.

Plus que jamais, la tâche de la Gauche réside dans sa capacité à élever le niveau de la conscience populaire afin de faire face à la terrible crise économique que la bourgeoisie va chercher à faire payer aux travailleurs. Sans une conscience de classe solide, les pires solutions démagogiques, nationalistes et guerrières prendront le relais

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