Bonneville : un taureau se libère de l’abattoir avant d’être tué par la gendarmerie


Ecologie / vendredi, mai 15th, 2020

Ce mardi 12 mai en fin de matinée, un taureau condamné à l’abattoir s’est enfui de son enclos. Mobilisés dans la foulée, le personnel de l’abattoir, la gendarmerie et un vétérinaire ont abattu l’animal finissant dans l’Arve.

Après un transport stressant et très apeuré, ce taureau s’est instinctivement libéré d’une mort programmée. Dans les différents articles de presse qui mentionnent ce drame, tout est présenté comme à l’habitude de manière expéditive, sans aucun relief.

Le vétérinaire aurait bien tenté d’utiliser des fléchettes hypodermiques pour maîtriser l’animal, mais dans cette « corrida urbaine insolite » il fallait absolument « maîtriser cette bête « très agressive » (France 3 régions). En plus d’être stupides, ces lignes ne nous informent en rien sur cette triste « affaire » alors que l’industrie de la « viande » maintient tout un flou autour de ses activités.

Or, on sait que les bovins ressentent des émotions, voir même versent quelques larmes au dernier moment de leur vie. Il faut vraiment être corrompu par le capitalisme pour ne ressentir aucune compassion et ne pas chercher à creuser l’arrière-plan de cette situation.

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En 2019 en France, ce sont 975 000 taureaux (et jeunes bovins) qui ont été « produits », c’est-à-dire abattus pour être transformés, ils représentent 29 % des 3 449 000 bovins passé à l’abattoir dans le pays.

Ces taureaux sont pour la plupart issus d’élevages dont le but est soit de reproduire en pâturage, soit de fournir un catalogue de semences par des « prélèvements » dans des vagins en plastique par un « taurellier » l’ayant préalablement excité. Les vaches laitières se font en grande majorité inséminer à la chaîne avec ce type de semence.

A cela s’ajoutent les taureaux de la corrida qui ne peuvent plus servir dans ce divertissement arriéré. D’ailleurs, la suspension de la saison du fait du covid-19 menace de faire abattre l’ensemble de ces animaux…

Tout cela explique pourquoi ce sont ces animaux qui tentent régulièrement de se libérer des abattoirs. En 2019, sans être exhaustif, des évasions ont été signalés à Quimper en mars, à la Tour-du-Pin en juin, à Meaux en juillet, à Montauban en septembre.

En octobre 2019, un de ses animaux s’est également libéré de l’abattoir de Split en Croatie. Rebaptisé « Jerry », il est devenu une véritable mascotte nationale, recevant même des encouragements « Justice pour Jerry », « Tiens bon Jerry ! », lui permettant d’échapper à la mort.

Tel est l’arrière-plan sordide de l’élevage de taureaux en France, dont on ne sait finalement pas l’origine de celui tué à Bonneville. Un arrière-plan dont se garde bien de parler les articles de presse, cela servant l’industrie agroalimentaire dans sa bataille pour étouffer tout mouvement populaire luttant pour la dignité animale.

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